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Éric Gagnon
Audio fil du mercredi 25 avril 2018

L'aliénation parentale, un phénomène encore tabou

Publié le

Une mère se couvre les oreilles sous le regard sévère de son enfant.
Selon le Carrefour aliénation parentale Québec (CAP), des milliers de familles québécoises seraient touchées par le phénomène.   Photo : iStock

La Journée internationale de sensibilisation à l'aliénation parentale est soulignée chaque année, le 25 avril. Il s'agit d'un phénomène encore tabou, voire méconnu au Québec. Pourtant, selon le Carrefour aliénation parentale Québec (CAP), cette réalité touche des milliers de familles dans la province.

Par Jérôme Lévesque-Boucher

Le syndrome d'aliénation parentale se décrit par un trouble dans lequel un enfant, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Touchant surtout les couples séparés, le phénomène apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement par un des parents, qu'il soit volontaire ou non, du rejet de l'autre parent.

Imaginez que votre enfant vous dise qu'il ne veut plus vous voir, qu'il vous accuse d'avoir détruit le cercle familial ou qu'il vous rejette. C'est, en quelque sorte, l'aliénation parentale.

En marge de cette journée mondiale de sensibilisation - qu'on appelle aussi la Journée mondiale pour la sauvegarde du lien parental en France, le Carrefour aliénation parentale Québec (CAP) souhaite sensibiliser davantage la population à cette réalité. La présidente-fondatrice de l'organisme, Caroline Paradis, a elle-même été victime d'aliénation parentale ayant été séparée de sa fille pendant plus de 5 ans.

Quand ça nous arrive, on se dit que ça ne se peut pas, que c'est une blague. Tu essaies d'entrer en contact avec ton enfant et...tout est bloqué. Tu tombes de mille étages. C'est comme un casse-tête de mille morceaux qui tombe donc tu ne vois plus l'image.

Caroline Paradis, présidente-fondatrice du Carrefour aliénation parentale Québec

Caroline Paradis ajoute qu'en raison du manque de connaissance populaire sur le sujet, bien peu de gens sont outillés pour venir en aide aux victimes. « Tu ne sais pas ce que tu vis et tu ne sais pas à quelle porte aller cogner. Comment trouver des solutions si on n'est pas capable de mettre des mots sur ce que l'on vit? », questionne-t-elle.

Une capsule choc

Pour expliquer le phénomène aux citoyens, l'animatrice, productrice et réalisatrice Marie-Claude Savard a réalisé une capsule web de 60 secondes mettant en scène des enfants qui portent les mots - et les maux - de l'aliénation parentale. Elle peut être vue sur le site officiel du Carrefour aliénation parentale ainsi que sur les pages de médias sociaux de l'organisme.

C'est choquant parce qu'on est pas habitués de voir des enfants qui tiennent des paroles comme « t'es plus ma mère », « je ne veux pas aller chez toi », « je ne veux plus te voir Papa ».

Marie-Claude Savard, réalisatrice de la capsule web

Marie-Claude Savard a elle-même vécu une situation d'aliénation parentale dans sa jeunesse. « Quand j'étais jeune, j'avais un conflit de loyauté à la séparation de mes parents. C'était devenu plus facile pour moi de ne pas aller voir mon père. Ma mère n'était pas éduquée là-dessus, tranquillement, j'ai glissé là-dedans. Il m'a fallu, à l'âge adulte, reconstruire ma relation avec mon père. »

Un atelier de soutien pour les pères

Sensibilisée par le phénomène, la Maison de la famille du Grand-Portage profite de la journée internationale de sensibilisation à l'aliénation parentale pour mieux outiller les pères qui sont victimes de cette réalité. Cet atelier sera animé par deux avocats, maîtres Steven Côté et Gabrielle Lavoie-Lévesque, et aura lieu le 26 avril, à 19h30, à la Maison de la famille du Grand-Portage.

Selon la directrice générale de la Maison de la famille, France Rousseau, de nombreux pères ont sollicité l'organisme pour obtenir de l'aide à ce sujet.

Elle affirme que lorsqu'une séparation survient, l'enfant doit être au centre des préoccupations des deux parents. C'est pourquoi elle insiste sur la co-parentalité dans le but d'éviter tous les risques d'aliénation parentale.

On dit souvent qu'on est un couple un jour mais qu'on est parent pour la vie. Il faut donc vraiment insister sur la nécessité de créer un milieu familial sain. Pas seulement pour l'enfant mais pour tout le monde.

France Rousseau, directrice générale de la Maison de la famille du Grand Portage

Par ailleurs, le ministère de la Justice a commandé un rapport pour réévaluer son approche en lien avec les situations familiales à haut conflit. Les conclusions devraient être rendues publiques cette semaine. Le Carrefour aliénation parentale espère qu'il présentera des pistes de solutions pour contrer le phénomène d'aliénation parentale.

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