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Alain Gravel
Audio fil du lundi 17 décembre 2018

Accueil mitigé pour Kanata à Paris

Publié le

Deux comédiens sont couchés au fond d'un canot, suspendu par le côté
La première de la pièce Kanata de Robert Lepage a eu lieu à Paris, le samedi 15 décembre.   Photo : Courtoisie/Théâtre du Soleil

Sophie Faucher a vu dans le spectacle Kanata de Robert Lepage et Ariane Mnouchekine une oeuvre équilibrée et porteuse. Kim O'Bomsawin y a vu une représentation folklorique des Premières Nations et des clichés gênants. Les deux femmes ont réagi à la pièce au micro d'Alain.

C'était soir de première, samedi, pour le spectacle Kanata de Robert Lepage et Ariane Mnouchekine. C'est une pièce revue et corrigée qui a été présentée aux Français, mais qui a toutefois reçu des critiques mitigées, après des mois de controverse autour de la délicate question de l'appropriation culturelle.

L'appréciation de la comédienne Sophie Faucher ne fait aucun doute.

« C’est un spectacle prêt, il n’y a pas eu de pépin et tout s’est bien passé. Et des gens comme les Français, qui n’ont pas l’habitude de se lever à la fin d’un spectacle, se sont levés spontanément.

La comédienne ne partage donc pas le point de vue des critiques du spectacle, mais convient tout de même que certains ont interprété Kanata comme une œuvre inachevée. La pièce présentée samedi différait quand même considérablement de sa première version.

Sophie Faucher rappelle que Robert Lepage et Ariane Mnouchekine se sont montrés respectueux envers les critiques formulées par certains membres de communautés des Premières Nations et qu’ils ont su adapter la pièce.

« Ce spectacle n’a rien de folklorique, c’est un parfait équilibre, on a le point de vue des deux parties. On ne raconte pas l’histoire du Canada, mais bien une histoire qui se passe au Canada », mentionne la comédienne.

Un point de vue que ne partage pas la documentariste Kim O’Bomsawin, qui croit qu’il serait plutôt aux Premières Nations de juger du caractère folklorique d’une pièce de théâtre.

« La production a fait de la controverse [sur l'appropriation culturelle] un des sujets de la pièce. Il y a beaucoup de contenu dans cette pièce, et on a une impression de superficialité. Et quand c’est superficiel, on tombe dans les clichés », tranche-t-elle.

Appropriation culturelle

À sa sortie de la salle de spectacle, la comédienne s’est dit qu’on était loin de la réconciliation. Pour elle, Kanata est un rendez-vous manqué pour aborder de nombreuses réalités vécues par des groupes minoritaires aux quatre coins du globe.

« Cette pièce ne passera pas dans les annales de l’histoire du théâtre, alors c’est le temps de passer à autre chose », dit Kim O’Bomsawin.

Sophie Faucher est revenue sur la question de l’appropriation culturelle, en faisant valoir que le travail et la sensibilité du comédien lui permet de transcender son ethnicité. Elle interprète actuellement le rôle de Frida Khalo au théâtre.

« Ma carrière, si on continue avec cette folie d’appropriation culturelle, je n’en aurais pas eu. Je ne suis qu’appropriation culturelle! »

Kim O’Bomsawin croit plutôt que les débats autour de cette question ont permis des changements.

« Les gens du milieu des arts et des institutions financières ont compris que, pour parler de nous, il faut nous inclure, nous consulter, nous faire participer. On est rendus là dans notre histoire, après 200 ans d’effacement de nos cultures, on veut faire partie de la game. »

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