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« Si l'art autochtone ne circule pas, l'ignorance demeure » - Dave Jenniss

Gravel le matin

Avec Alain Gravel

« Si l'art autochtone ne circule pas, l'ignorance demeure » - Dave Jenniss

Audio fil du mercredi 18 juillet 2018
Dave Jenniss est l'auteur de la pièce Ktahkomiq

Dave Jenniss est l'auteur de la pièce Ktahkomiq

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Une autre création de Robert Lepage a soulevé les passions cette semaine. Une vingtaine de personnalités autochtones ont signé une lettre de protestation contre la pièce Kanata, qui raconte l'histoire du Canada à travers les rapports entre Blancs et Autochtones.

« On dénonce qu’aucun artiste autochtone ne soit sur la scène pour cette production », résume Dave Jenniss, animateur et directeur artistique associé du théâtre Ondinnok de Montréal.

Toutefois, la position des signataires va plus loin que le simple enjeu de la représentativité. « Ce que l’on souhaite discuter, c’est le pourquoi. Pourquoi, après tant d’années, on vient chercher nos histoires, nos vies, et qu’on ne fasse pas partie de l’aventure et qu’on nous tasse comme un outil », ajoute-t-il.

La consultation n’est pas suffisante, croit-il. Il faut que les Autochtones soient impliqués à chaque étape d’un spectacle comme Kanata, insiste-t-il.

On est en 2018, on n’est pas dans les vieux westerns, où n’importe qui peut jouer l’Autochtone.

La lettre publiée par M. Jenniss et ses cosignataires a retenu l’attention des créateurs du spectacle. Robert Lepage et la metteuse en scène française Ariane Mnouchkine ont invité le groupe à une rencontre pour dialoguer, ce qui n’a pas encore été fait pour SLAV.

Lors de cette rencontre, qui aura lieu jeudi, chaque signataire sera invité à témoigner dans un cercle de parole. Dave Jenniss indique par ailleurs que s’il sait à quel moment débutera le rendez-vous, il ne peut prédire quand il se terminera. Voilà donc une occasion de vider la question.

« On ne peut pas faire ce que l’on veut sur scène, surtout avec les dossiers des pensionnats et des femmes assassinées et disparues », explique M. Jenniss, qui déplore que sa compagnie, Ondinnok, n’ait pas reçu de coup de fil des créateurs, malgré toute la bonne volonté de leur démarche.

« Un acteur, c’est quelqu’un qui se transforme, qui doit [entrer dans] la peau de quelqu’un d’autre. Mais on parle de sujets aussi délicats. Ce n’est pas n’importe qui qui peut prendre cette parole-là ».

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