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Alain Gravel
Audio fil du vendredi 13 juillet 2018

Géopolitique du foot : une finale tendue dans les Balkans

Publié le

Le Croate Mario Mandzukic
Le Croate Mario Mandzukic   Photo : Associated Press / Frank Augstein

L'ascension de la Croatie vers la finale de la Coupe du monde de football a exacerbé de vieilles tensions dans les Balkans jusqu'à ce que la supervedette serbe, Novak Djokovic, fasse dérailler le débat.

En affichant son appui à la Croatie pour le mondial, le joueur de tennis a suscité l’ire d’un député serbe, en plus de raviver des tensions remontant à la chute du bloc de l’Est et à l’implosion de l’ex-Yougoslavie.

« Ces tensions remontent même jusqu’à l’Empire austro-hongrois », estime Yann Roche, spécialiste de géopolitique du sport et chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand. Dans les Balkans, les plaies sont encore profondes, et nous avons de la difficulté à l’imaginer en Amérique du Nord.

Ce n’est pas non plus la première fois que Djokovic s’exprime en faveur d’un apaisement dans les Balkans. « Depuis 2015, il a posé un certain nombre de gestes en ce sens. « Il a dit, il y a quelques années, que les Serbes et les Croates étaient pareils, au fond, lorsque quelqu’un, dans un tournoi aux États-Unis, l’avait présenté comme un Croate. Ça avait été très mal perçu, mais lui, ça ne le dérange pas. »

Les échanges houleux provoqués par les commentaires de Djokovic font croire que le pire aurait pu se passer dans les tribunes si la Serbie avait affronté la Croatie à l'occasion de cette coupe du monde. Et sur le terrain? Plusieurs gestes de joueurs ont déjà suscité l’indignation.

Les deux joueurs suisses qui ont compté contre les Serbes dans la phase des groupes ont fait le geste de l’aigle après leur but. Ce geste précis avait pour objectif d’affirmer leurs origines kosovares.

Rappelons aussi que pour les Serbes, même les uniformes à damiers des Croates ont un poids historique. Ceux-ci rappellent le drapeau des Oustachis qui ont massacré des milliers des leurs.

Dimanche, la France ou la Croatie sera consacrée comme la nation championne du foot, mais Yann Roche n’est pas convaincu qu’une victoire croate apaisera les tensions dans la région.

« Le capitaine croate, Luka Modrić, a vécu la guerre, et son grand-père a été tué par les Serbes », mentionne-t-il en terminant pour montrer que la situation est plus complexe que les stratégies d’un match de foot, aussi important soit-il.

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