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Alain Gravel
Audio fil du mercredi 28 février 2018

10 heures pour une ambulance : le triage des appels est inhumain, selon le syndicat

Publié le

Une ambulance stationnée dans une rue de Montréal
Une ambulance dans une rue de Montréal   Photo : Radio-Canada / Danny Gosselin

Un texte fort troublant sur un homme de 89 ans souffrant d'une fracture à la hanche et forcé d'attendre l'ambulance 10 heures a été publié mercredi, dans La Presse sous la plume de Patrick Lagacé. Au-delà du manque de personnel, Réjean Leclerc, le président du syndicat préhospitalier de la CSN, explique cette situation par un système de triage mettant de côté l'aspect humain.

Il faut distinguer le triage lié à des symptômes prioritaires d’autres circonstances où on parle de douleur. Je n’aime pas dire ça, mais le triage des appels n’est pas conçu de façon humaine. C’est conçu uniquement par priorité. Le triage fait en sorte que les gens qui souffrent sans être en danger de mort immédiate vont attendre.

Réjean Leclerc

Or, précise M. Leclerc, même si la vie du patient n’est pas en jeu, la souffrance ressentie peut générer d’autres problèmes occasionnant une détérioration de l’état de santé.

Manque d’effectifs

Dimanche, journée où l’octogénaire a dû attendre l’ambulance dans la douleur, des effectifs supplémentaires étaient en poste à cause du verglas, mais Urgence-Santé a dû faire face à un flot plus important d’appels.

Réjean Leclerc n’avait pas entendu parler de cette histoire précisément, mais ce n’est pas la première fois qu’il entend ce genre de récits. « Dix heures d’attente, c’est un des records qu’on a pu observer. Dans certaines sorties, les proches de personnes âgées se plaignaient d’avoir attendu cinq ou six heures. Ça arrive souvent, surtout lorsqu’on est en manque d’effectifs et à cause de la météo », poursuit M. Leclerc.

Le syndicat dénonce le manque de ressources. Les paramédicaux de Montréal attendent les dix ambulances promises, mais leur déploiement n’est pas attendu avant 2019.

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