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Patrick Masbourian
Audio fil du jeudi 12 octobre 2017

La une des Inrockuptibles avec Bertrand Cantat fait réagir

Publié le

L'auteur-compositeur-interprète Bertrand Cantat fait la une du magazine les Inrockuptibles.
L'auteur-compositeur-interprète Bertrand Cantat fait la une du magazine les Inrockuptibles.   Photo : Les Inrockuptibles

Le plus récent numéro du magazine Les Inrockuptibles, avec en manchette principale l'auteur-compositeur-interprète Bertrand Cantat, qui avait été condamné pour le meurtre de l'actrice Marie Trintignant, fait grandement réagir, en France comme au Québec.

Christophe Barbier, conseiller éditorial et éditorialiste au journal L’Express, en France, ne croit pas que Les Inrockuptibles aient voulu provoquer en publiant une telle une.

 

C’est par esprit commercial seulement. Les Inrocks partagent la philosophie de Bertrand Cantat, une forme de révolte, très à gauche, de combat très dur. Les Inrocks font passer l’article et ses convictions avant la pudeur et la discrétion que l’on doit à la famille de la victime, même si 13 années se sont écoulées depuis. C’est un choix extrêmement contestable.

Christophe Barbier

Christophe Barbier mentionne que les spécialistes de la musique rock considèrent que Bertrand Cantat a l'envergure musicale nécessaire pour faire la une de ce type de magazine, même s’il crée la polémique. Il avance que cette couverture est l’occasion de ramener sur la place publique les discussions entourant la violence faite aux femmes. Une position que partage plus ou moins Marie-Ève Carignan, professeure à l’Université de Sherbrooke spécialisée dans le contenu des médias, des pratiques, de l’éthique et de la déontologie journalistique.

Ça ramène le débat sur la place publique, oui, mais est-ce nécessaire de le ramener de cette façon? Je ne suis pas certaine qu’on soit en train de parler de l’importance du droit des femmes et de ce qui se passe au niveau de la violence faite aux femmes. On parle plus du personnage et s’il doit avoir l’attention publique.

Marie-Ève Carignan

Éthique et déontologie

Marie-Ève Carignan soutient que l’auteur de l’article publié dans Les Inrockuptibles n’a pas commis de faute déontologique, mais elle souligne qu’une publication doit aussi se poser des questions éthiques avant de mettre sous presse.

Doit-on donner cette visibilité à un artiste qui a commis un tel geste? Surtout qu’il est devenu un symbole de la violence faite aux femmes et qu’il n’a pas eu de vrai repentir. Il s’est surtout victimisé là-dedans. Il faut penser plus loin que la déontologie. Il faut penser à l’éthique. Que doit-on faire éthiquement? Ce n’est pas juste de vendre des exemplaires.

Marie-Ève Carignan

Marie-Ève Carignan fait remarquer que Les Inrockuptibles ont publié un texte en aparté, qui lui, laisse croire à une certaine réflexion.

Le journal a écrit qu’il estime que Cantat a été jugé, condamné et qu’il a purgé sa peine. On peut s’en offusquer ou on peut respecter la décision de justice. À ce moment-là, ça lui donne le droit d’exercer son métier. C’est une prise de position indirecte du journal. [...] Le journal aurait dû réfléchir un peu plus, mais c’est certain que ça fait vendre [des exemplaires].

Marie-Ève Carignan

Voici quelques réactions à la une des Inrockuptibles :

           

À ce sujet :

Entrevue de Marie-Ève Carignan à Gravel le matin

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