Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Alain Gravel
Audio fil du jeudi 7 février 2019

Hijab : le débat relancé sur de mauvaises bases, selon Julie Miville-Dechêne

Publié le

De jeunes musulmanes portant le hijab.
De jeunes musulmanes portant le hijab.   Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le hijab est-il un signe d'oppression? C'est ce que soutient Isabelle Charest, la ministre de la Condition féminine, depuis deux jours. Pour Julie Miville-Dechêne, ces déclarations relancent le débat sur le port de signes religieux sur de mauvaises bases.

Les propos d’Isabelle Charest rappellent à la sénatrice et ancienne présidente du Conseil du statut de la femme les dérapages qui ont entouré les débats sur la charte des valeurs québécoises du Parti québécois.

« Ce sont des propos extrêmement maladroits, car oui, lorsque les femmes sont obligées par l’État et par les instances religieuses de porter un hijab, une burqa ou un tchador, évidemment, c’est de l’oppression dans bien des pays. »

Mais selon elle, la situation en Iran, en Arabie saoudite et en Afghanistan, par exemple, ne peut pas être plaquée à la réalité de femmes musulmanes du Québec.

« La réalité est la suivante : oui, bien sûr, il y a des femmes qui portent le hijab parce qu’elles sont contraintes de le faire, mais il y a plein de femmes qui le portent parce qu’elles ont la foi et qu'elles considèrent que de le porter témoigne de leur religiosité », dit Julie Miville-Dechêne.

Selon la sénatrice indépendante, on ne peut réduire le quotidien des femmes musulmanes d’ici à une situation d’oppression. « Et l'on ne peut pas, au nom du féminisme, condamner une femme qui porte le hijab. Certaines le portent pour des raisons religieuses, et d’autres pour des raisons identitaires », ajoute-t-elle.

« Qu’on éprouve un malaise, qu’on n'aime pas comment quelqu’un s’habille ou la religion qu’elle met de l’avant, c’est une chose, mais ça appartient à la personne qui a le malaise. On ne peut pas imposer ses propres malaises à d’autres personnes. »

Mme Miville-Dechêne avance qu’il faut faire très attention lorsqu’on aborde ce sujet délicat. « On peut s'interroger sur ce qui convient, comme signes religieux, [lorsqu'on occupe une] position d’autorité, mais on ne peut pas faire mal à des femmes ordinaires qui sont chez elle et qui portent le hijab. Ces femmes qui se sont senties exclues de ces débats sur la charte [des valeurs]. Donc, ce débat doit se faire dans le respect. »

Chargement en cours