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Alain Gravel
Audio fil du vendredi 9 novembre 2018

Le visage humain de la guerre

Publié le

Toutes les semaines, le chroniqueur Hugo Lavoie parcourt les bobines et les cassettes des archives de Radio-Canada pour dénicher des petits bijoux de notre passé. Pour les 100 ans de l'Armistice, il a dégoté les discours de deux vétérans de la Première Guerre mondiale. Âmes sensibles, s'abstenir.

« Quand ça venait mou [en dessous de nos pieds], il fallait se mettre à plat ventre dessus et gratter avec nos mains pour passer un câble en dessous [du corps]. Des fois, le câble se cassait en deux et le corps tombait. On prenait une jambe, un bras, ce qui tenait le plus solide pour le remonter », explique l'un des anciens soldats.

Cette archive tirée de l’émission Gens de mon pays et diffusée en 1975 raconte la guerre vue par deux vétérans qui ne sont pas allés au front. Les soldats Joseph Desmars et Ernest Létourneau ont plutôt été mobilisés sur le champ de bataille après les affrontements pour déterrer les corps inanimés de leurs alliés afin qu’ils soient enterrés dans les cimetières militaires.

Les dures conditions de travail et le traitement que leur réservaient les officiers les ont conduits à de petits actes de rébellion. Cette fois-là, le haut gradé avait reproché au soldat d’être trop lent avec sa pelle sur un chantier.

« J’ai été tout droit vers lui. Je lui ai dit : "La vois-tu, la pelle? Tu dis que je ne m’en sers pas. Je vais m’en servir ce coup-ci." Ça a été fini, il m’a laissé tranquille », raconte l’un des anciens combattants.

Cette colère de la part des militaires s'accumulait au quotidien, en partie en raison des problèmes de nourriture.

« Ils nous ont fait crever de faim, les mosus. On partait avec un sac de 50 lbs sur le dos et on marchait de 1 h à 5 h. On arrivait le soir pour souper et puis on nous donnait une cuillerée de haricots, une tranche de pain avec une tasse de thé », raconte l’un des deux vétérans.

« Il y en avait, du manger. Il y a des officiers qui le vendaient! », rétorque le second.

Ces témoignages donnent un visage très humain à la guerre, conclut le chroniqueur.

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