Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Alain Gravel
Audio fil du mardi 19 février 2019

L‘incroyable histoire de Shadrach Minkins, un esclave afro-américain qui s’est réfugié à Montréal

Publié le

Une pierre tombale effacée dans un cimetière.
La pierre tombale de l'esclave américain noir Shadrach Minkins au Cimetière Mont-Royal.   Photo : Radio-Canada / Hugo Lavoie

Plusieurs tombes du Cimetière Mont-Royal ont plus de 100 ans. Les écriteaux se fondent à la pierre d'année en année, les rendant presque impossibles à déchiffrer. L'une de ces pierres tombales, toute petite, cache une histoire riche, celle de Shadrach Minkins, un ancien esclave noir américain qui s'est réfugié à Montréal. Frank Mackey, amateur d'histoire et auteur, raconte cette histoire au journaliste Hugo Lavoie.

Une pierre blanche d’un mètre avec le dessus arrondi dans le Cimetière Mont-Royal. Des inscriptions si usées qu’elles sont difficiles à lire. C’est la pierre tombale de Shadrach Minkins, un ancien esclave du sud des États-Unis.

Un beau jour de 1850, il tente une manœuvre pour fuir son propriétaire, un commissaire de bord dans la marine américaine. Il réussit.

« Il a quitté la Virginie pour se rendre à Boston. Là, il s’est trouvé un emploi comme serveur dans un café », raconte l’amateur d’histoire et auteur Frank Mackey.

Au même moment, en septembre 1850, une loi passait aux États-Unis sur les esclaves fugitifs.

« C'était un genre de compromis pour préserver l’union américaine. Parce que le sud était en maudit contre le nord, parce que les esclaves s’échappaient. »

On encourageait donc la capture des Noirs en fuite. Les marshalls l’ont trouvé dans le café, puis amené en cour immédiatement.

« Il a enlevé son tablier, puis il a dit : ‘’Si j’ai à mourir, je le ferai en homme libre’’ », raconte Mackey.

Une communauté tissée serrée

Selon l’historien amateur, il s’agit du premier esclave en fuite à être capturé en Nouvelle-Angleterre, puis renvoyé dans le sud. Mais la communauté noire de Boston ne le laisse pas tomber.

« Les Noirs de Boston arrivent en masse au palais de justice. Ils sont entrés de force, puis ils l’ont pris. C’était le 15 février 1851. »

Quatre jours plus tard, Shadrach Minkins arrive à Montréal. Son histoire ne s’arrête pas là. Il ouvre son propre restaurant au 171 ½, rue Notre-Dame. Il déménage, environ trois ans plus tard, dans les rues Saint-Jean, Saint-Paul, puis Saint-Alexis. Ce dernier emplacement porte le nom d’Uncle Tom’s Cabin, une référence à un roman de Harriet Beecher Stowe qui dépeint la dure réalité de l'esclavage afro-américain.

Il décède le 13 décembre 1875.

« D’après les registres du cimetière, il se trouve là. Mais son nom n’apparaît pas sur le monument », conclut l’auteur.

Chargement en cours