•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Jean Lemire : le coût humain à consacrer sa vie à la cause environnementale

Faites du bruit

Avec Nicolas Ouellet

Jean Lemire : le coût humain à consacrer sa vie à la cause environnementale

Épisode 1 : vendredi 7 septembre 2018
Un jeune ours polaire est seul en Arctique.

L'exode, qu'il soit volontaire ou pas, peut causer un sentiment de solitude et de déconnexion avec la société lorsqu'on la rejoint.

Photo : iStock

Après plus de 25 ans à se battre pour la cause environnementale, notamment à travers ses missions sur le voilier Sedna IV, Jean Lemire raconte qu'il est difficile d'être à la hauteur de ses propres attentes lorsqu'on a l'ambitieux projet de changer le monde. Un témoignage qui n'est pas sans rappeler le constat du ministre démissionnaire français Nicolas Hulot.

Celui qui est maintenant l’émissaire aux changements climatiques et aux enjeux nordiques du Québec considère d’ailleurs que le coût humain de ses missions a été très grand. « Quand vous avez décidé de consacrer votre vie à une cause, le prix à payer à la fin est énorme, concède-t-il. Quand on a acheté le bateau, on pensait qu’on allait changer le monde… C’est pour ça que le titre de mon livre, c’est L’odyssée des illusions. On a réalisé qu’on n’a peut-être pas changé le monde. Le prix à payer pour nos familles a été incroyable. »

L'environnementaliste Jean Lemire prend la pose, sur une photo en noir et blanc. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'environnementaliste Jean Lemire

Photo : Radio-Canada

Pour la première fois, nous devions nous replonger dans les préparatifs du retour et accepter d’affronter l’inévitable rentrée. Nous avions évolué avec une vitesse déconcertante. Nous redoutions déjà la confrontation avec nos amours abandonnés sur le quai des solitudes. Une majorité d’entre nous ne se reconnaissait plus dans le passé. Le grand voyage intérieur avait fait son œuvre et suscité un désir profond de changement. La personne la plus chère pour nous était là, quelque part, au carrefour nouveau de la vie. Elle attendait, espérait et rêvait au retour. Mais que représentait-elle réellement? Elle symbolisait plus que quiconque celui ou celle que nous étions. Cet être que des mois d’isolement et de solitude avaient transformé. Comment allions-nous vivre ce décalage important entre ce que nous étions devenus et ce que nous étions auparavant?

extrait du livre L'odyssée des illusions, de Jean Lemire (2016, Éditions La Presse)

►►Suite de l'entrevue : L'avenir est dans les mains des jeunes, selon Jean Lemire (Nouvelle fenêtre)

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi

  • Jusqu'au bout

  • Corde sensible