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Pourquoi les baby-boomers n'ont-ils pas laissé de place aux générations suivantes?

Faites du bruit

Avec Nicolas Ouellet

Pourquoi les baby-boomers n'ont-ils pas laissé de place aux générations suivantes?

Épisode 7 : vendredi 19 octobre 2018
Un baby-boomer tend un verre de vin rouge vers la caméra.

Un baby-boomer lève son verre à la santé des générations qui le suivent.

Photo : iStock / yacobchuk

On reconnaît que la question est un peu tendancieuse, mais cela n'empêche pas Jean-Philippe Baril Guérard d'y répondre avec tout le sérieux et la rigueur nécessaires. Il s'entretient d'équité intergénérationnelle avec Charles Fleury de l'Université Laval, Jacques Hamel de l'Université de Montréal et Simon Telles de Force Jeunesse. Il résume leurs propos en quelques élégantes réponses.

La réponse à cette question est à la fois simple et complexe. La réponse simple, telle que formulée par Jean-Philippe Baril Guérard : « Les baby-boomers n'ont pas laissé de place aux générations précédentes tout simplement parce qu'ils le pouvaient. »

La réponse plus longue est que les membres de la génération du baby-boom représentaient un tel poids démographique qu'à chaque étape de leur vie, des institutions ont dû être créées pour servir leurs besoins, de la petite école au réseau universitaire en passant par les syndicats. Une fois leurs privilèges acquis, les baby-boomers n'avaient aucun intérêt à les laisser aller. Et le clientélisme électoral incitant les partis politiques à répondre aux attentes du plus grand nombre, cette génération a pu tenir le haut du pavé.

Une illustration très parlante de ce débalancement générationnel s'observe dans les clauses de disparité de traitement, c'est-à-dire des clauses de conventions collectives qui accordent des conditions de travail désavantageuses aux employés qui seront engagés dans le futur en échange de meilleures conditions pour les travailleurs déjà en place.

Un bémol
Les sociologues Jacques Hamel et Charles Fleury apportent tous les deux des bémols critiques à la notion de génération et aux généralités qui y sont accolées dans le discours populaire. « Réduire des gens à une étiquette sur la base de leur âge, ça lime des aspérités importantes, comme le niveau d’éducation, le genre, la distribution géographique », résume Jean-Philippe Baril Guérard.

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