Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Nicolas Ouellet
Audio fil du vendredi 5 avril 2019

Voici pourquoi vous devriez être fiers de payer de l'impôt

Publié le

Un homme saute de joie, après avoir fait ses impôts.
Faire ses impôts, c'est plus gratifiant qu'on le pense.   Photo : iStock

L'action de payer ses impôts chaque année gagnerait à être plus valorisée, considère Barbara-Judith Caron, directrice des contenus numériques pour Urbania. Pour y contribuer, elle a rédigé un acrostiche qui résume quelques éléments importants du système fiscal québécois.

I : Inégalités, tu réduiras

En 2017, les Québécois ont payé 155,8 milliards de dollars en impôts, taxes et cotisations, soit l’équivalent de 37,3 % du produit intérieur brut de la province. Ce chiffre dépasse la moyenne canadienne, qui est de 33 %. Sauf que le Québec est aussi un champion de la redistribution, ce qui le positionne au 11e rang des pays de l’OCDE en matière de réduction des inégalités sociales.

Payer de l’impôt, ça sert à financer des services collectifs, comme l’aide sociale, les crédits d’impôt pour la solidarité, les primes au travail, le bouclier fiscal et le soutien aux enfants, mais aussi à réduire les inégalités.

M : Misère des riches

À ceux qui rouspètent parce qu’ils paient trop d’impôts et qu’ils financent les services pour tout le monde, Barbara-Judith Caron rappelle que la croissance dont ils font partie a un effet qu’on oublie souvent, mais qu’on ne devrait pas négliger : la stabilité politique et la paix sociale.

De plus, les gens qui sont aujourd’hui prospères le sont en partie parce qu’ils ont bénéficié d’un système d’éducation à bas prix. Ils ont aussi un accès universel aux soins de santé, à des routes, à des infrastructures et à du financement à travers différents programmes. Mais surtout, ils accumulent du capital grâce au travail de tous. « C’est souvent parce qu’ils accaparent une part trop élevée des revenus (par les salaires que les dirigeants s’octroient, par un niveau de profit indécent ou par des gains issus de la spéculation) qu’ils disposent de ces revenus. »

P : PPPP (Pourquoi se Plaindre? Payer ses impôts, ce n’est que du Positif!)

Payer de l’impôt aurait un effet positif sur le bonheur. Une étude allemande démontre qu’un individu préfère gagner 120 $ et que l’on prélève 20 $ en impôts plutôt que de gagner 110 $ et que le prélèvement s’élève à 10 $. Dans les deux cas, il restera 100 $ dans les poches de l’individu, mais celui qui aura payé plus d’impôts aura un sentiment de fierté et de responsabilité plus grand par rapport à la société.

Petit hic, cette satisfaction est plus grande dans des gouvernements où l’information circule librement et où les décisions sont prises de façon transparente.

O : OBJECTION!

Certaines capsules web ont tendance à trop simplifier la fiscalité, comme celle qui prétend qu’après une baisse d’impôts, une redistribution équitable des gains mènerait les biens nantis à quitter le pays, car leur baisse d’impôts serait moins importante que celles des gens plus pauvres. « Restez vigilant », conseille Barbara-Judith Caron, qui considère qu’en matière de fiscalité, il vaut mieux s’abreuver à plusieurs sources et éviter les conclusions hâtives. Elle propose ainsi de comparer les informations véhiculées sur le web à celles proposées par l’IRIS, par exemple.

T : T’es où impôt? T’es où?

Il y a l’impôt qu’on paie, et celui qui fuit. Pour la première fois l’été dernier, l’Agence de revenu du Canada a publié une étude qui révélait que l’État perd chaque année jusqu’à 17 milliards de dollars à cause de l’évasion fiscale et de l’évitement fiscal des particuliers (ce chiffre n’inclut même pas l’évasion fiscale des entreprises). Cet argent qui pourrait contribuer à réduire les inégalités sociales est plutôt gardé par des individus, répartissant ainsi la pression des impôts sur les autres.

Chargement en cours