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Nicolas Ouellet
Audio fil du vendredi 22 février 2019

Féminisation du français : l'inclusion des un.e.s en exclut d'autres

Publié le

L'inscription «Écriture inclusive» en noir, sur un fond blanc.
Laïma A. Gérald a rédigé toute sa chronique de manière épicène avec plutôt de facilité. Sauf que pour ceux qui ont de la difficulté avec l'écriture et la lecture, cette nouvelle règle représente un défi supplémentaire.   Photo : Radio-Canada / Amarilys Proulx

Depuis quelques années, certains groupes féministes tentent de renverser la fameuse règle « le masculin l'emporte sur le féminin », en faisant la promotion de la langue épicène et de la féminisation des termes pour que les femmes soient mieux représentées à l'écrit. Bien qu'elle soit sensible à cette cause, la chroniqueuse Laïma A. Gérald réalise que cette adaptation a aussi pour conséquence d'exclure une autre frange de la population.

« Ce n’est pas de la linguistique, c’est de la politique », constate Benoît Melançon, professeur au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.

Le professeur souligne la difficulté d’appliquer la féminisation du français à l’oral. « On enseigne maintenant la langue épicène dans les cégeps, souligne-t-il, mais l’écriture inclusive complique la tâche aux nombreuses personnes qui sont illettrées ou pour qui la lecture est difficile. Ça alourdit la structure. »

Les hommes de l’Académie française l’emportent

C’est seulement au 17e siècle, lors de la création de l’Académie française, que le précepte du masculin qui l'emporte sur le féminin a été instauré. Des termes comme « doctoresse », « autrice » ou « capitainesse » ont alors été bannis, en même temps que le droit des femmes à exercer ces métiers.

Rédaction épicène

Selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), la rédaction épicène consiste à employer les appellations féminines conjointement avec les appellations masculines, à abandonner progressivement le masculin générique (qui englobe les deux genres) et à offrir une égale représentation des femmes et des hommes dans le texte.

Dans son éditorial du 11 février 2019, « L'égalité l'emporte », le Montréal Campus, journal étudiant de l’Université du Québec à Montréal, a annoncé l’adoption d’une nouvelle politique d’écriture inclusive. « [Cette] démarche [...] se veut innovante – mais avant tout nécessaire – pour rétablir l’équilibre en matière d’égalité des genres », écrit Gabriel Bernier, rédacteur en chef du journal.

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