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Barbara Leroux
Audio fil du vendredi 11 janvier 2019

Un an de lock-out : trois travailleurs d'ABI parlent de leur vécu

Publié le

Paxton Brière, Jacques Lessard et Pascal Lampron devant un micro
Paxton Brière, Jacques Lessard et Pascal Lampron ont parlé de leur dernière année comme employés en lock-out d'ABI au micro de Facteur matinal.   Photo : Radio-Canada

Il y a un an que 1030 travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour (ABI) ont été forcés d'arrêter de travailler par le déclenchement d'un lock-out.

Ça s’est fait assez sauvagement, en pleine nuit, en plein hiver, se souvient Jacques Lessard, un employé avec 25 ans d’ancienneté à l’ABI qui était invité à une table ronde au micro de Facteur matinal.

Pascal Lampron travaille depuis 10 ans à l’usine de Bécancour. L’annonce du lock-out est tombée comme un couperet pour lui. Je me suis senti trahi, confie celui qui est maintenant impliqué dans son syndicat. Je me suis toujours donné à 120 % à la job.

Employé à la fonderie d’ABI depuis huit ans, Paxton Brière s’acquitte de ses heures de piquetage, mais a aussi dû se trouver un autre emploi pendant le conflit de travail. Vous savez, quand on a des enfants en bas âge, qui font des activités, on ne veut pas arrêter tout ça. Quand je regarde ça, je n’ai pas le choix de travailler.

Des commentaires désobligeants sur les réseaux sociaux

Le conflit de travail a soulevé des inquiétudes pour beaucoup d’élus et d’acteurs économiques de la région. Les réactions du grand public sur les réseaux sociaux n’ont cependant pas toujours été tendres pour les travailleurs en lock-out.

Au début, on allait lire les commentaires sur Facebook, raconte Pascal Lampron. On y trouvait beaucoup de commentaires négatifs sur nous, sur nos salaires.

Il ne faut pas non plus s’attendre à avoir la sympathie quand on gagne 40 $ l'heure,, tempère son collègue, Jacques Lessard, qui explique que pour lui, le nerf de la guerre n’est pas le salaire dans ce conflit. Ce n’est pas une question de sympathie, c’est une question de droits et de garder nos acquis.

Un ami chez les cadres

L’actualité des derniers mois a été ponctuée d’anecdotes de relations tendues entre les employés en lock-out et les cadres, qui opèrent toujours l’usine.

L’ami d’enfance de Paxton Brière est cadre à l’ABI. C’est le parrain d’un de mes enfants, illustre l’employé à la fonderie. Il y a l’amitié, puis il y a la job. On est capable de se voir, de parler de hockey ou d’actualité. Ça arrive des fois que nos esprits s’échauffent en parlant du conflit, mais on est capable de se rappeler à l’ordre.

Un conflit qui s’éternise

Je suis très amer qu’on soit rendus à un an de conflit. Avec 25 ans de services chez ABI, Jacques Lessard en a vu d’autres. Il était là en 2004, par exemple, pendant la grève qui a duré quatre mois et demi.

Plus le conflit est long, plus les traces vont prendre du temps à se refermer. Mais ça va se faire.

Jacques Lessard, employé en lock-out d'ABI

Jacques Lessard convient que le moral des troupes n’est pas à son meilleur au sein des syndiqués. Il est à terre par l’usure du temps, de ne pas savoir où on s’en va. Mais les gens ne veulent pas partir d’ABI, ils adorent leur job à ABI.

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