•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réclamer le droit à la réparation, un atelier à la fois

Du côté de chez Catherine

Avec Catherine Perrin

Le dimanche de 14 h à 16 h
(en rediffusion à 22 h)

Réclamer le droit à la réparation, un atelier à la fois

Façade d'un atelier.

Un café permettant de faire ses réparations soi-même vient d'ouvrir ses portes dans le quartier Villeray, à Montréal.

Photo : Courtoisie / Mon atelier de quartier

Avez-vous une chaîne stéréo qui ne pousse plus la note et qui prend la poussière à la maison? Vous pouvez la réparer vous-même à Mon atelier de quartier, (Nouvelle fenêtre) un nouveau café qui vient d'ouvrir ses portes dans le quartier Villeray, à Montréal. À l'heure où la protection de l'environnement est sur toutes les lèvres, de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer un droit à la réparation. Table ronde avec trois figures de ce mouvement.

« On rêvait tous d’un lieu où l’on pouvait lutter contre la surconsommation dans la société. Les gens ont une grande propension à acheter du neuf. Mais il y a un enjeu environnemental, social et économique », explique Annick Girard, cofondatrice de Mon atelier de quartier et fondatrice du groupe Facebook Touski s'répare (Nouvelle fenêtre).

L’ouverture de ce café – qui prévoit un espace pour faire de la soudure, un autre pour bricoler ainsi qu'un atelier de couture – répond à une demande de plus en plus forte : contrer l’obsolescence programmée des objets.

L’an dernier, Jonathan Mayer, professeur de philosophie et chargé de cours à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, a déposé avec ses étudiants un projet de loi visant à lutter contre ce fléau en évoquant le droit à la réparation. (Nouvelle fenêtre)

« Dans le projet 197, il y avait l'idée que les pièces devaient être accessibles pendant un délai et un prix raisonnable après l’achat [...], ou encore que les fabricants fournissent des manuels de réparation à l’achat », indique-t-il.

Si ce droit gagne du terrain dans le monde, les entreprises, elles, se braquent.

« De plus en plus de manufacturiers et de fabricants contestent les lois entourant le droit à la réparation. [...] Pour le remplacement d’une pièce chez John Deere, vous devez faire affaire avec un représentant autorisé. Si jamais vous faites affaire avec un autre réparateur, l’appareil cesse de fonctionner », explique le professeur.

Oui, il y a un manque à gagner pour l’entreprise de faire les réparations, mais moi, en tant que consommateur, c’est justement ce que je recherche comme entreprise.

Jonathan Mayer

Et la situation est critique, selon Nabil Tarhini, technicien à Urgence Mobile, à Repentigny, et auteur d’une lettre d’opinion parue récemment dans La Presse : « Appareils électroniques : le droit de réparer  » (Nouvelle fenêtre).

« L’exemple que je donne aux gens pour comprendre où est-ce qu’on s’en va [...], c’est d'imaginer une manette de contrôle dont les batteries ne sont plus bonnes, dit-il. Imaginez de ne pas pouvoir les remplacer. C’est ça qui se produit avec les téléphones intelligents. [...] Il faut laisser le choix aux gens de réparer. »

C’est pourquoi il se réjouit de voir des initiatives comme les « cafés réparation ».

« C’est dans cette optique-là que je vois la réparation. Il y a de la compétition, oui, mais il y a beaucoup de demandes », mentionne le technicien.

« Il faut un partage de compétences et de connaissances », ajoute Annick Girard.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi