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Plus haut, plus vite, plus fort... Les records font-ils progresser les humains?

Du côté de chez Catherine

Avec Catherine Perrin

Le dimanche de 14 h à 16 h
(en rediffusion à 22 h)

Plus haut, plus vite, plus fort... Les records font-ils progresser les humains?

Bruny Surin (à gauche) court le 100 m aux Championnats du monde d'athlétisme de 1999 à Séville, en Espagne.

Bruny Surin (à gauche) a couru le 100 m en 9,84 s le 22 août 1999, à Séville.

Photo : Associated Press / Lionel Cironneau

Qui n'a pas déjà feuilleté un Livre Guinness des records sans se laisser habiter par l'envie de battre l'une de ces prouesses? Plusieurs athlètes y rêvent et mettent tout en œuvre pour y arriver. Mais au-delà du dépassement de soi, y a-t-il des revers à la médaille? Le psychologue Bruno Ouellette, la boxeuse Marie-Eve Dicaire et le coureur Bruny Surin en discutent.

Pourquoi l’être humain est-il si fasciné par les records? À cette question, Bruno Ouellette, qui a accompagné de nombreux athlètes et médaillés olympiques, répond : « Le cerveau aime ce qui est différent, ce qui est nouveau ».

Pour les athlètes ou toute autre personne qui s'affaire à battre un record du monde, il s’agit d’un moment de gloire qui répond, selon le psychologue, à la société du paraître et du résultat dans laquelle nous vivons.

Ce moment de gloire, Bruny Surin l’a vécu plus d’une fois. Détenteur entre autres du meilleur temps au 60 m depuis 1993, il peut se vanter d’avoir réussi son but ultime : battre le temps de son idole, Brian Lewis. Il rêve maintenant du jour où son record sera battu à son tour.

« Dès que j’ai réussi, je me disais que le prochain Canadien qui va être là, j’aimerais l’accompagner et l’encourager. J’espère que ce sera par un Québécois », lance-t-il.

Si son record n’a pas encore été fracassé, c’est différent pour bien d’autres athlètes. Lorsqu’une barre a été franchie, psychologiquement, cela ouvre une porte pour les autres. C’est du moins ce qu’a constaté la paralympienne d’athlétisme handisport Chantal Petitclerc, qui confiait, il y a quelques semaines au micro de Catherine Perrin, avoir concentré pendant 20 ans ses énergies sur son objectif de réussir à parcourir 800 mètres en moins de 1 minute 50 secondes. L’année après être arrivée à ses fins, quatre autres nageuses ont réussi le même exploit.

Imaginer les possibilités

Selon Bruno Ouellette, ce qui habite l’être humain, c'est avant tout le besoin de sécurité et d’amour, puis la capacité d’imaginer le futur qui se développe.

« C’est toujours un grand risque de vouloir courir un 100 m en 9,84 secondes. Si tu dis que tu veux le faire, mais que tu n’y arrives pas, c’est que, ultimement, tu n’as pas réussi. [...] Nous [les psychologues sportifs], on est là pour aider [les athlètes] à canaliser cette énergie », souligne-t-il.

« Une fois qu’on se rend compte que c’est possible, ça devient tellement accessible. Il y a toujours quelque chose à aller chercher de plus », renchérit la boxeuse Marie-Eve Dicaire.

Mais cette passion et l’atteinte de cet objectif peuvent devenir un couteau à double tranchant.

« Il faut que la passion demeure harmonieuse et non obsessive. [...] C’est malsain lorsque tu veux juste obtenir quelque chose en retour », indique le psychologue Bruno Ouellette.

Selon Bruny Surin, la ligne est dépassée lorsque les athlètes ont recours aux stéroïdes pour atteindre les niveaux qu’ils souhaitent.

« Il faut que vous ayez du plaisir à faire ce que vous faites. Et il faut que les objectifs viennent de soi », insiste le coureur.

Pour y parvenir, bien s’entourer est essentiel.

« L’entourage est archi-important. Ce qu’on souhaite, c’est que ces gens-là soient là pour ton bien et puissent te permettre de faire ce que tu es capable de faire au-delà des records », soutient Bruno Ouellette.

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