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En 1967 à Montréal, de Gaulle a réparé l’erreur des rois français

Dessine-moi un été

Avec Franco Nuovo

Le samedi de 6 h 30 à 11 h
Le dimanche de 6 h à 10 h

En 1967 à Montréal, de Gaulle a réparé l’erreur des rois français

Audio fil du samedi 22 juillet 2017
Le général de Gaulle au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967

Le général de Gaulle au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967

Photo : Archives de Montréal

Il y a 50 ans, Charles de Gaulle galvanisait la foule et attisait la colère des fédéralistes, lançant la célèbre phrase : « Vive le Québec libre! » Selon le haut fonctionnaire français Christophe Tardieu, qui vient de faire paraître un livre à ce sujet, le général a ainsi « réparé la dette de Louis XV » et « racheté les fautes des rois de France qui avaient abandonné la Nouvelle-France en 1760 ».

« Ce que je tente de raconter dans mon livre, La dette de Louis XV, c’est que les rois de France, et particulièrement Louis XV, ont été mal conseillés par l’intelligentsia de leur époque qui a négligé l’importance de la Nouvelle-France. C’est notamment le cas de Voltaire, on le sait, qui réduisait la Nouvelle-France à « quelques arpents de neige ». Charles de Gaulle était conscient de l’erreur qu’a constituée cet abandon, qu’il considérait vraiment comme une faute historique commise par la France. »

Le général a-t-il vraiment acquitté la dette ou l’a-t-il alourdie? Christophe Tardieu, qui est actuellement directeur général délégué du Centre national du cinéma et de l'image animée, croit qu'il l'a acquittée.

« En ce qui concerne la dette de la France par rapport à sa propre histoire, je dirais que le discours de de Gaulle a vraiment fait office de réparation. Du côté du Canada, c’est plus compliqué. Il a peut-être fait une erreur diplomatique par rapport à ses relations avec le Canada anglais. Finalement, il n’a fait que dire aux Québécois que la France serait à leurs côtés s’ils décidaient de former un pays indépendant. Ce n’était qu’un soutien verbal, pas un geste autoritaire. À l’époque, la France n’avait pas non plus très bien réagi : les médias français, qui ne connaissaient pas bien la situation d’émancipation du Québec, avaient dénoncé le comportement du général. »

Un événement qui continue de faire couler de l’encre
Aujourd’hui, le récit de ce discours inattendu, que plusieurs croient encore partiellement improvisé, continue de passionner les historiens. Tout le séjour du général au Québec, notamment les détails de son parcours sur le chemin du Roy, le contenu des discours qu’il a prononcés au cours du trajet et qui ont préparé la grande apothéose montréalaise, font encore l’objet de discussions et de dissections. Cela sans compter l’histoire du microphone qui se trouvait là grâce aux bons soins d’un technicien de Radio-Canada, alors que le maire de Montréal, Jean Drapeau, souhaitait éviter que de Gaulle s’adresse à la foule ce jour-là.

À lire :
- La dette de Louis XV, de Christophe Tardieu, Éditions du Cerf, 2017

Pour participer aux événements autour de la présence de Christophe Tardieu au Québec :
- Le 23 juillet, au Château Frontenac, à Québec, aura lieu une exposition d'artefacts de la visite de Charles de Gaulle en 1967 et de ses visites antérieures ainsi qu'un souper commémoratif dont le menu s'inspirera de celui servi lors du banquet tenu 50 ans plus tôt en l'honneur du visiteur.
- Une soirée avec le général de Gaulle (Nouvelle fenêtre) : projection de deux films documentaires sur la visite du général de Gaulle, en présence de Christophe Tardieu, à la Cinémathèque québécoise, à Montréal.
- Le 24 juillet, un cortège refera le trajet suivi par le général il y a 50 ans et Christophe Tardieu sera présent à Donnaconna.
- Toutes les informations sur la commémoration de la visite du général de Gaulle sur le site du Mouvement national des Québécoises et Québécois (Nouvelle fenêtre).

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