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Catherine Dorion prône un retour des émotions en politique

Dessine-moi un dimanche

Avec Franco Nuovo

Le dimanche de 6 h à 10 h

Catherine Dorion prône un retour des émotions en politique

Audio fil du dimanche 4 novembre 2018
Catherine Dorion, avec des écouteurs sur la tête, assise devant un micro.

Catherine Dorion, députée de Québec Solidaire

Photo : Radio-Canada / Étienne Côté-Paluck

La nouvelle députée de Québec solidaire Catherine Dorion croit que l'émotion a été dénigrée trop longtemps par les politiciens de gauche. Bien qu'il existe certaines exceptions – comme Bernie Sanders aux États-Unis ou le parti Podemos, en Espagne –, elle croit qu'il faut arrêter de dénigrer ce que les gens ressentent en politique.

La députée de la circonscription de Taschereau, à Québec, estime que l’émotion « est une forme d’intelligence, une plaque sensible […] qui est là pour nous donner des indicatifs » entre ce qui nous touche et ce qui nous parle, ou même parfois ce dont on a besoin.

Elle perçoit d’ailleurs en ce moment du côté de l'Occident une tension « extrêmement mauvaise », dont certains politiciens, médias ou chroniqueurs vont tirer profit pour « faire leur propre gloire ». Il y a probablement un fond de vérité dans ce sentiment de perte de cohésion au sein des communautés, dit-elle. Le problème se trouve plutôt dans le fait de blâmer les plus vulnérables pour cette situation.

Pour l’artiste et la politicienne, il faut ainsi chercher une nouvelle forme de populisme, et donc faire appel aux émotions de la population, mais sans utiliser la colère ou le ressentiment des gens pour transformer ce populisme en haine envers des sous-communautés qui n’ont aucun pouvoir politique – et, conséquemment, aucune responsabilité par rapport à la situation actuelle et au système qui le rend possible.

On dirait qu’il faudrait une forme de populisme de gauche, puisqu’on a l’impression que tout [s’efface dans notre culture] et qu’on ne sait pas où on s’en va. On a de grosses tensions, donc il y a de l’émotion dans la société, [mais on dit] que c’est la faute des petits qui n’ont aucun pouvoir. Comme dans la cour d’école, on tape sur le plus faible. [Il faudrait se demander] d’où ça vient, ce malaise-là, et quel système en est responsable.

Catherine Dorion, artiste et députée de Québec solidaire

En poésie comme en politique

Pour plusieurs, l’émotion en politique est pour les « niaiseux » incapables de penser et d’analyser un discours politique. Pourtant, poésie rime aussi avec émotion, rappelle-t-elle.

« Surtout à gauche : il y a eu un courant qui a fini par considérer l’émotion comme un truc irrationnel qui ne vaut pas la peine, qui n’est pas une intelligence valable. » Or il y a parfois une adéquation entre ce qu’on dit vouloir désirer et ce qu’on désire vraiment.

« Collectivement, je pense qu’on en est là. On va tous vers une direction, mais on voudrait aller ailleurs. Il y a dans la poésie cette espèce de faculté de dire – comme le psy, mais à une collectivité – : "attention". »

Écoutez la deuxième partie de l’entrevue avec Catherine Dorion ►

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