Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Franco Nuovo
Audio fil du dimanche 22 avril 2018

Dany Laferrière, un académicien au cœur d’enfant

Publié le

Dany Laferrière au micro d'Isabelle Craig.
Dany Laferrière   Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

S'il a écrit son plus récent livre à la main et qu'il y a risqué quelques illustrations, c'est que Dany Laferrière cherche à vivre le moment présent, comme le fait un enfant qui remplit des pages sans plan de match et sans possibilité de retour, ne suivant que ses propres règles. « Pour moi, dit-il, un artiste doit avoir la capacité de ne pas obéir à une organisation cartésienne du temps et des choses. »

Étonnant livre entièrement écrit à la main, Autoportrait de Paris avec chat est un roman d’errance parisienne dans lequel Dany Laferrière s’est permis d'aller au-delà des marges. Il s’est ainsi senti infiniment connecté à l’« ici maintenant ».

« Tous mes livres sont au présent de l’indicatif, dit-il, parce que je suis dans une quête du moment présent dans toute mon œuvre. Je crois que j’y suis enfin arrivé par le dessin. Peut-être parce que c’est tout nouveau et parce que je ne sais pas dessiner, comme un enfant qui expérimente pour la première fois le froid ou le chaud, ou l’électricité statique, dans un plaisir de la découverte de l’instant présent. »

Quitter l’âge industriel

Il faut oser renouer avec les joies de l’artisanat, selon l’écrivain québécois d’origine haïtienne. « Écrire à la machine, c’est tellement mécanique. En écrivant à la main, toute la page devient en soi une organisation parallèle, complètement affranchie du monde mécanisé. Nos pages manuscrites se construisent naturellement de manière organique. »

Dans les années 1980 et 1990, j’avais arrêté d’écrire à la main pour faire partie de l’Amérique. Je voulais sortir du tiers-monde pour atteindre l’âge de la machine, la quintessence de la révolution industrielle. Maintenant, je peux faire le chemin contraire, car cet âge est en déclin. Il n’a pas réussi à faire naître la richesse qu’il nous a fait miroiter. Il nous a seulement fait courir sans arrêt. Je préfère ne rien faire en pyjama. Je pense qu’on s’est vraiment trompés de modernité.

Dany Laferrière

Écoutez aussi la deuxième partie de l’entrevue →

Paris, un diamant métissé

Membre de l’Académie française, Dany Laferrière vit désormais entre Montréal et Paris. La capitale française lui est féconde : elle lui inspire poésie et louanges. « Paris est un diamant qui a été taillé par des gens de partout, lance-t-il. Comme Venise à une certaine époque, Paris est une ville où tout le monde vient pour y trouver un espace de création. C’est une ville qui n’appartient pas totalement à la France. Elle est à tout le monde. »

Je marche de jour comme de nuit dans Paris depuis longtemps déjà, toujours ému de savoir qu’un poète comme Villon l’a fait avant moi, qu’un libérateur comme Bolivar y a séjourné en dandy, que mon jeune voisin Jean de la rue Masson a fêté son vingtième anniversaire jusqu’à l’aube dans le bistro situé juste en face.

Extrait de « Autoportrait de Paris avec un chat », de Dany Laferrière

Chargement en cours