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Franco Nuovo
Audio fil du dimanche 10 mars 2019

Corriger 150 ans de mauvaises relations entre les Premières Nations et les gouvernements

Publié le

Ghislain Picard au micro du studio 17 de Radio-Canada
Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador   Photo : Radio-Canada / Annie Bélanger

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) entame son dixième mandat avec confiance, à une époque où la réconciliation semble enfin possible entre les communautés autochtones et les gouvernements provincial et fédéral. « On arrivera peut-être à réduire le fossé socioéconomique séparant nos communautés de la majorité de la population canadienne », dit Ghislain Picard.

Jadis, les Premières Nations dénonçaient avec raison l’absence de leurs préoccupations dans l’espace public. En ce moment, il faut le reconnaître, cette situation se transforme, et les questions qui nous touchent apparaissent à l’ordre du jour. C’est une bonne nouvelle. Et ce n’est qu’un début...

Ghislain Picard, chef de l'APNQL

Sur sa table de travail, en effet, Ghislain Picard peut trouver matière à réjouissance. Le gouvernement fédéral veut réformer l'aide à l'enfance dans les communautés autochtones; les relations avec le nouveau gouvernement Legault ont commencé de façon cordiale; la commission d'enquête sur l'assassinat des femmes autochtones a enfin mis en lumière des injustices importantes (malgré un mandat trop limité, selon Picard); et la commission Viens poursuit son travail de révélation des inéquités dans les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec. « Il y a encore du boulot à accomplir, mais au moins, ça bouge! » lance le chef.

En poste depuis 1992, Ghislain Picard remarque aussi que la perception des Premières Nations a bien changé au Québec, près de 30 ans après la crise d'Oka. « Il y a clairement eu un éveil important de la part de la population québécoise, qui est mieux sensibilisée à la réalité de nos communautés, ou qui est davantage curieuse. On fait de plus en plus d’éducation populaire, on essaie de favoriser un meilleur dialogue, une meilleure compréhension des dossiers qui nous touchent. On obtient aujourd’hui, je pense, une meilleure écoute. »

Écoutez aussi la deuxième partie de l'entrevue avec Ghislain Picard →

Ghislain Picard au micro du studio 17 de Radio-Canada, en train d'écouter une question de l'animateur
Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Photo : Radio-Canada/Annie Bélanger

Chérir les enfants des Premières Nations

À 63 ans, Ghislain Picard est un jeune arrière-grand-père. Dans le Canada façonné entre autres par la nouvelle loi sur les services à l’enfance autochtone que prépare le gouvernement de Justin Trudeau, la génération de son arrière-petit-fils sera-t-elle mieux traitée? Le chef de l’APNQL le souhaite ardemment. Ce projet de loi sera une réussite, selon lui, s’il arrive à faire en sorte que les enfants ne soient pas retirés de leur communauté lorsqu’ils doivent être traités.

« Il y a 15 ans, on avait tenté le coup sans succès avec le gouvernement provincial, rappelle-t-il. Il faut maintenant réussir à faire en sorte que les communautés mettent en place leurs propres institutions. Au Québec, ce sont près de 12 000 enfants autochtones qui sont placés à l’extérieur de leur famille. On doit permettre à ces jeunes-là de maintenir un contact avec leurs nations. »

D'autres dossiers chauds

L'ancienne ministre Jody Wilson-Raybould, personnalité en vue dans les milieux autochtones du pays, est au centre de la controverse actuelle entourant SNC-Lavalin. Elle a récemment annoncé sa démission du gouvernement fédéral, après avoir été ministre de la Justice, puis « rétrogradée » au ministère des Anciens combattants. L'événement n'a pas plu aux communautés des Premières Nations, comme le rappelle Ghislain Picard.

Un poste au ministère des Affaires autochtones et du Nord du Canada aurait-il été mieux perçu? Non, répond le chef de l'APNQL. « Ce ministère n’a jamais été dédié à soigner la relation avec les Autochtones. C’est un ministère qui applique la Loi sur les Indiens, dont l’objectif a toujours été d’assimiler nos peuples. »

En entrevue avec Franco Nuovo, Ghislain Picard se prononce aussi au sujet de l'enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui n'a « pas donné de réponses à toutes les questions », et sur les rapports des communautés des Premières Nations avec la Sûreté du Québec, où l'on constate des « discriminations systémiques dont il faudrait parler davantage ».

Au sujet de la relation naissante entre les communautés autochtones et le nouveau gouvernement provincial dirigé par François Legault, il se montre optimiste, mais se demande « si le gouvernement du Québec est intéressé à discuter sérieusement des recommandations de la déclaration de l’ONU sur les droits autochtones ».

Bref, il y a du pain sur la planche.

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