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Vivre isolé de la civilisation en plein hiver : le récit de Sylvain Paquin et Denys Tanguay

Des matins en or

Avec David Chabot

En semaine de 6 h à 9 h

Vivre isolé de la civilisation en plein hiver : le récit de Sylvain Paquin et Denys Tanguay

Rattrapage du jeudi 18 février 2021
Portrait de Sylvain Paquin dehors devant un paysage enneigé avec la barbe recouverte de neige.

Sylvain Paquin

Photo : Sylvain Paquin

Pour certains, vivre dans les bois, isolés du reste du monde, est un mode de vie. C'est le cas de Sylvain Paquin, qui vit près de Radisson, et de Denys Tanguay, qui vit près de Rapide-2, qui ont choisi de vivre loin de la civilisation. Comment ça se passe l'hiver, quand les nuits peuvent avoisiner les -35 degrés?

Pour Sylvain Paquin, qui a fait le choix il y a 23 ans de s'installer à la Baie-James après un voyage qui devait durer 3 semaines, le choix de ce mode de vie lui est apparu inévitable. Vivre en harmonie avec la nature, c'est la plus belle chose que j'ai faite de toute ma vie et je l'assume pleinement aujourd'hui, même si des matins il fait très froid, je suis l'homme le plus heureux au monde, dit-il.

Denys Tanguay est quant à lui installé dans son camp de piégeage depuis cinq ans et demi. Si ma femme vivait encore, ça ferait tout près de 25 ans qu'on ferait ça, c'est elle qui est décédée et j'ai décidé de continuer le projet, mais un peu plus tard, j'ai dû continuer à travailler. Mais j'adore mon coin de pays et je ne changerais pas de place avec personne ce matin. Le froid, c'est le dernier de mes soucis, lance M. Tanguay.

Denys Tanguay regarde un écran d'ordinateur hors-champ, penseur.

Denys Tanguay a choisi de vivre isolé de la société.

Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

Les nuits des dernières semaines ont été particulièrement glaciales. Mon bois est tout préparé au moins un an d'avance. Ce n'est pas un problème, vraiment pas. On se met un manteau, on s'habille comme il faut. Ce matin, à 6 h 30, j'étais dehors avec le chien. J'ai passé une dizaine de minutes, je rentre prendre mon café, et après l'entrevue, j'y retourne, image Denys Tanguay.

Je rentre pour manger, ça s'arrête là.

Denys Tanguay

Pour Sylvain Paquin, l'approvisionnement en bois est un peu plus difficile. Il y a un Canadian Tire à 2,5 kilomètres avec une grosse montagne de bois, image-t-il en parlant du dépotoir de Radisson non loin de chez lui. Moi, je ne coupe aucun arbre. Depuis que je suis ici, jamais je n'ai coupé un arbre à moins qu'il soit mort. C'est du bois recyclé, des 2x4, 2x6, il y en a une montagne. Il y a des fois que c'est plus facile, il y a des fois que je suis obligé de faire un peu d'archéologie, monter dans la grosse montagne pour aller chercher mon bois. C'est la beauté du défi aussi, témoigne-t-il.

Les deux hommes comblent leurs journées avec toutes sortes d'activités à faire dans les bois. Il y a toujours quelque chose à faire. Juste pour donner un exemple, je suis en train de me confectionner un abri pour la survie ici. Tout est fait sans clous, sans vis, sans corde, sans broche, rien, raconte Denys Tanguay. Cet abri pourrait l'aider si jamais sa motoneige cessait de fonctionner à plusieurs kilomètres de son camp, comme c'est déjà arrivé.

L'intérieur d'une cabane modeste où la salle à manger et le lit se côtoient.

La résidence de Denys Tanguay, près de Radide-2

Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

Pour s'approvisionner en eau, en nourriture ou en carburant, il faut faire preuve d'imagination. Niveau bouffe, 95 % vient de Montréal par avion. L'aéroport est à 9 km, l'essence est à 9 km, l'eau, j'ai une source à environ 600 mètres du camp. L'hiver, c'est l'approvisionnement en eau à l'aéroport. C'est une question d'organisation. En Abitibi, il y a eu des bâtisseurs qui l'ont vécu pas mal plus dur que moi présentement, fait valoir Sylvain Paquin.

La solitude peut aussi peser lourd, comme plusieurs s'en rendent compte depuis le début de la pandémie. Pourquoi faire le choix de cette vie isolée? Mon choix, c'est la liberté. Je ne peux pas demander mieux, c'est un rêve pour moi, j'ai rêvé à ça toute ma vie et là je le vis, je suis très heureux. Les difficultés pour moi, c'est quand je dois aller en ville. Quand je suis obligé de sortir pour aller faire l'épicerie, faire mon lavage. [...] C'est ça le plus difficile, et on s'entend que ce n'est même pas une journée complète, je sors une fois par mois, une fois aux cinq semaines. Il n'y a rien de difficile, c'est un choix de vie et je suis très heureux comme ça, assure Denys Tanguay.

Pour écouter l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

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