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Caribou : la foresterie doit revoir ses pratiques, croit un biologiste

Des matins en or

Avec David Chabot

En semaine de 6 h à 9 h

Caribou : la foresterie doit revoir ses pratiques, croit un biologiste

Rattrapage du lundi 27 juillet 2020
Un groupe de caribous forestiers

Une harde de caribous forestiers

Photo : Radio-Canada / Archives

Il n'y a pas qu'à Val-d'Or que le sort du caribou forestier inquiète. Au nord de La Sarre, l'enjeu du déclin de l'espèce est aussi évalué.

On retrouve trois écotypes de caribou en Amérique du Nord : le forestier, le migrateur, qui se déplace entre la toundra et la forêt boréale, et le caribou montagnard.

Pour le biologiste Serge Couturier, la perturbation trop importante de l'habitat naturel du caribou a bouleversé son écosystème, ce qui en a modifié la répartition.

On observe depuis 50, 60, 70 ans, 100 ans même, c'est documenté, le caribou forestier descendait beaucoup plus bas au sud du Québec avant, même qu'il descendait jusque dans des états comme le Vermont ou le Maine, aux États-Unis. Si on recule de très loin, il y avait des caribous forestiers dans le Maine, rappelle M. Couturier.

Le biologiste précise que lorsque les coupes forestières dépassent un certain seuil, la forêt boréale se régénère en feuillus, ce qui change aussi l'écosystème de la forêt.

Au Québec et au Canada, on connaît assez bien le caribou forestier, et ce qu'on a observé, c'est que quand par exemple des coupes forestières arrivent dans un secteur, on coupe la forêt, mais la forêt repousse davantage dans des peuplements de feuillus. C'est la nourriture idéale pour l'orignal, donc en ayant plus de nourriture, l'orignal monte vers le nord. Et dans un écosystème où tu as le caribou, l'orignal qui est en croissance, le loup qui suit l'orignal et qui profite de l'avantage d'avoir deux proies, le perdant est toujours le même, c'est le caribou forestier, note-t-il.

Favoriser la reproduction

Serge Couturier croit que la seule manière d'éviter le déclin du caribou est de favoriser la reproduction en ajoutant d'autres bêtes aux six qui se trouvent dans l'enclos de Val-d'Or.

Le caribou, c'est un animal solitaire à l'occasion, on l'appelle même le fantôme gris, c'est très difficile d'observer des caribous. Personnellement, je pense qu'il en reste encore quelques-uns. C'est sûr que ce n'est pas un nombre important, mais il faut agir là, probablement l'hiver prochain, il faudrait monter au nord de La Sarre, dans des endroits où on pense que les densités sont suffisantes et capturer des caribous forestiers et les ramener vers par exemple le Refuge Pageau, dans le projet qu'on a écrit et qu'on a soumis au gouvernement du Québec avec l'Action boréale, affirme-t-il.

Le biologiste précise qu'avant les activités forestières, les caribous de Val-d'Or et ceux du Nord pouvaient se mélanger beaucoup plus facilement et que génétiquement, ils sont toujours proches parents.

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