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Les victimes collatérales de la COVID-19 et les maladies qui n'ont pas pris de pause

Des matins en or

Avec David Chabot

En semaine de 6 h à 9 h

Les victimes collatérales de la COVID-19 et les maladies qui n'ont pas pris de pause

Rattrapage du mercredi 20 mai 2020
Le bras d'un patient recevant un traitement de chimiohtérapie.

Un traitement de chimiothérapie cause parfois des nausées, une perte de cheveux et de nombreux autres effets secondaires.

Photo : iStock

Le docteur Martin Champagne, président de l'Association des oncologues et hématologues du Québec, indique que le retard des chirurgies dans le réseau de la santé pourrait avoir des effets significatifs sur la santé et l'espérance de vie en raison de la réduction des chirurgies et des tests de tépistage pour le cancer .

Deux composantes feront en sorte de retarder les chirurgies, explique le Dr Champagne :

  • le retard accumulé, « loin d’être négligeable », lors des dernières semaines
  • une reprise plus lente que la fréquence habituelle des chirurgies

Alors oui, il y aura un retard important à combler, dit-il.

Le Dr Champagne cite le ministre de la Santé de Colombie-Britannique, qui estime que 12 à 24 mois seront nécessaires pour rattraper le retard actuel, sans compter que de nouvelles éclosions pourraient ralentir de nouveau la fréquence des chirurgies.

Une patiente souffrant du cancer se repose après un traitement de chimiothérapie

Une patiente souffrant du cancer se repose après un traitement de chimiothérapie

Photo : iStock

En effet, Dr Champagne rapporte que depuis environ 8 semaines, on a fonctionné à 30 % de la capacité chirurgicale. De plus, la reprise graduelle des prochaines semaines sera loin de la vitesse de croisière usuelle, dit-il, puisque les centres de santé devront appliquer des mesures de distanciation physique et davantage de temps entre les rendez-vous pour éviter les contacts entre patients.

Oui il y a un impact, un prix à payer, pour les gens qui ont eu une perte de chance durant l’épisode de la COVID-19.

président de l'Association des oncologues et hématologues du Québec, Dr David Champagne

Impacts sur l’évolution des cancers

Au Québec, il faudra attendre quelques années avant d’obtenir des données claires sur l’impact de la pandémie sur la santé et la survie des patients. Par contre, Dr Champagne croit qu’un effet notable se fera sentir.

La lutte contre le cancer, c’est une lutte contre la montre, alors le cancer progresse dans l’attente. Il y a des gens qui auront des stades plus avancés, souligne-t-il. Certains patients qui pourraient avoir été guéris seront peut-être à un stade de maladie où le traitement ne sera que palliatif ou d’autres auront besoin d’un traitement plus intensif pour guérir.

Le Dr Champagne cite en exemple une étude effectuée au Royaume-Uni, où la réduction des chirurgies est comparable à celle du Québec. On prévoit que le retard pourrait causer une augmentation du taux de décès par cancer jusqu’à 20 % plus élevé dans les prochaines années.

D’autre part, on estime que le ralentissement des programmes de dépistage pour les cancers asymptomatiques (comme le cancer du côlon et le cancer du sein) pourrait avoir un impact de perte d’espérance de vie de 2 à 3 ans.

Le Dr Champagne souligne donc qu’il se réjouit de la reprise des chirurgies. Il précise que présentement, en oncologie, on ne connaît pas de saturation, mais cela pourrait survenir plus tard.

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