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Est-ce le début de la disparition des discothèques?

Des matins en or

Avec David Chabot

En semaine de 6 h à 9 h

Est-ce le début de la disparition des discothèques?

Rattrapage du mardi 21 janvier 2020
La façade d'un bar nommé Bar Le Groove.

Le Bar Le Groove de Rouyn-Noranda a annoncé qu'il fermait ses portes et qu'il allait rouvrir en avril pour offrir un autre type de service.

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Le Tool et le Groove à Rouyn-Noranda, le Château à Val-d'Or, plusieurs discothèques ferment leurs portes depuis quelques années. Est-ce la fin des clubs et des discothèques? Deux Abitibiens qui travaillent dans le milieu estiment que les établissements doivent se réorienter vers les besoins changeants de la clientèle.

Martin Beauvais, ancien employé de bar à Val-d’Or, et Adam Gilbert, associé au restaurant Pizzé, au bar Le Groove et au Deville centre Hôtelier, situés au centre-ville de Rouyn-Noranda, pensent que le contexte actuel nuit aux profits des bars et des discothèques. Martin Beauvais est convaincu que les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans leur déclin.

Je vais le dire encore, c’est ma théorie, c’est les téléphones cellulaires un peu qui ont fait tomber l’achalandage en ville, affirme-t-il. C’est plus facile, à cette heure, de savoir avec un texto s’il y a du monde en ville ou pas, et s’il n’y en a pas et bien les gens n’y vont pas. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

Séduire sur la piste de danse

On n’a plus besoin d’aller dans les bars pour se rencontrer comme tel, “cruiser” comme dans le temps, c’est quand même plus facile de rencontrer les gens autrement , croit M. Gilbert.

Martin Beauvais abonde dans le même sens.

C’est le Facebook d’il ya 20 ans. C’était ça, il fallait sortir pour savoir s’il y avait du monde, si on voulait rencontrer une personne [...] Les slows à trois heures moins quart, c’est fini ce temps-là, mais c’était les temps pour se matcher, ces temps-là.

Marc Beauvais

Selon les données de l'Institut national de la statistique du Québec (INSQ), le secteur des débits d'alcool a vu ses revenus diminuer depuis 2009.

Les deux hommes croient de plus que les changements survenus au cours des dernières décennies, comme l’interdiction de fumer dans les établissements, la restriction de la limite d’alcool au volant, les nouvelles technologies et le manque de taxis en région ont contribué à la diminution de fréquentation des discothèques.

Manger plutôt que danser?

Selon Martin Beauvais et Adam Gilbert, le comportement de la clientèle a changé et ne correspond plus au type d’horaire et de service offerts par les discothèques. Ils ont noté que les gens sortent de plus en plus tard.

Ce n’était pas rare que les jeunes arrivaient à 1h30 du matin, rapporte M. Gilbert. Comme propriétaire, ça devient un petit peu complexe de prévoir les ventes, de prévoir les employés, de prévoir ce qui va se passer, indique M. Gilbert.

Au lieu de visiter plusieurs endroits pendant une soirée, les clients préfèrent de plus en plus de demeurer dans le même établissement et partir un peu après minuit, observent MM. Beauvais et Gilbert.

La tendance, c’est rendu le resto-bar. On soupe, on reste, on veille, on ne bouge pas, on reste à la même place, c’est ça rendu la tendance, lance M. Beauvais.

Malgré le fait que les réseaux sociaux favorisent la socialisation en ligne aux dépens des rencontres dans les bars, selon Adam Gilbert, ils demeurent des outils utiles pour rejoindre la clientèle et planifier des évènements.

Je pense qu’on a fait nos derniers pas de danse ça ne fait pas longtemps. C’est fini, pour ce moment-ci, conclut Martin Beauvais.

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