•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La tragédie du 6 décembre vue par une Rouynorandienne

Des matins en or

Avec David Chabot

En semaine de 6 h à 9 h

La tragédie du 6 décembre vue par une Rouynorandienne

Rattrapage du vendredi 6 décembre 2019
Des gerbes de roses blanches ont été placées devant la plaque sur laquelle on peut lire le nom des 14 victimes.

Des gerbes de roses blanches ont été déposées vendredi matin devant la plaque commémorative installée à Polytechnique Montréal.

Photo : Radio-Canada / Rémi Authier

Denise Stewart, de Rouyn-Noranda, qui était à Montréal lors de l'évènement pour une formation pour les maisons d'hébergement pour femmes violentées, nous raconte comment elle a vécu la tragédie et comment elle la vit 30 ans plus tard.

Un homme se tient debout devant la plaque commémorative sur laquelle sont inscrits les noms des 14 victimes.

Des gens se recueillent depuis des années devant la plaque commémorative installée à Polytechnique Montréal.

Photo : La Presse canadienne / RYAN REMIORZ

Denise Stewart se rappelle que les organismes pour femmes voulaient prendre la parole, mais n'ont pas pu.

On s'est dit : "On va prêter main forte, on va aller dans les médias parler de comment on peut réparer, comment on peut travailler sur notre société par rapport à ça, mais on ne nous accueillait pas en entrevue, on ne voulait pas entendre parler des féministes, on nous disait que c'est un acte de violence envers des gens, des élèves, mais pas envers des femmes", se souvient-elle.

On nous a bâillonnées [...] La société québécoise a eu honte et n'a pas voulu regarder tout de suite ce qu'elle avait fait.

Denise Stewart

Ce soir, 14 universités canadiennes, dont l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, allumeront un faisceau lumineux, chacun d'eux en hommage à une des victimes de la tuerie de la Polytechnique.

Déni et réconciliation

Photo des 14 femmes victimes.

Les 14 femmes mortes le 6 décembre 1989, à l'École polytechnique de Montréal

Photo : Radio-Canada

On ne reconnaissait pas que c'était un acte envers des femmes, se rappelle Denise Stewart. Elle déplore le fait que malgré l'expertise de plusieurs groupes féministes au Québec, on ne leur a pas accordé l'espace pour parler de la tragédie et des actions à poser.

Je rappelle que quand on est féministe, on ne veut pas l'égalité seulement pour les femmes, on ne veut pas un monde meilleur seulement pour les femmes, on le veut pour tous.

Denise Stewart

L'avenir

Il y a une certaine réconciliation qui se fait avec la société québécoise, c'est aidant, mais on a un devoir de mémoire. Un devoir de mémoire, c'est aussi prendre acte, c'est aussi agir et je pense qu'il y a encore beaucoup d'actions à faire dans notre société pour être égalitaires, constate Denise Stewart.

Elle reconnaît que dans les dernières années, beaucoup de progrès ont été faits. Elle cite en exemple le plus grand nombre de pères qui s'occupent de leurs enfants et passent plus de temps avec ceux-ci.
Cependant, elle estime que d'autres groupes qui ont été victimes de discrimination se voient encore refuser une reconnaissance de ce qu'ils ont vécu. Elle pense notamment à la fusillade à la mosquée de Québec, survenue en janvier 2017.

Une femmes lit les messages de solidarité écrit sur un drapeau fleurdelisé accroché sur un mur.

Le 29 janvier 2017, six personnes ont été tuées lors de la prière à la Grande mosquée de Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On leur refuse leur journée de réflexion. Est-ce que ça nous enlèverait énormément de passer juste une journée à penser aux façons, peut-être, qu'on est un peu raciste? se questionne-t-elle. Elle estime que dans quelques années, la société va peut-être se demander si elle aurait dû accorder cette journée de réflexion.

De réfléchir, et de continuer à avancer et d'accepter ce qu'on a fait, ça ne fait qu'améliorer une société, conclut-elle.

Les tribunes de Radio-Canada.ca font peau neuve

Les tribunes de Radio-Canada.ca sont actuellement fermées pour permettre de grandes rénovations destinées à rendre votre expérience encore plus agréable.

Quelques points à retenir:

  • Vos nom d'usager et mot de passe demeurent inchangés
  • Les commentaires publiés ces derniers mois seront transférés graduellement
  • La modération des commentaires se fera selon les mêmes règles.
Nous croyons que ce changement rendra votre expérience sur Radio-Canada.ca encore plus intéressante et interactive.

À plus tard!

L'équipe de Radio-Canada.ca

Vous aimerez aussi