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David Chabot
Audio fil du jeudi 11 avril 2019

Table ronde sur le métier d'infirmière et les conditions de travail en Abitibi-Témiscamingue (partie 1)

Publié le

Trois femmes sont assises dans les studios de Radio-Canada en Abitibi-Témiscamingue.
(De gauche à droite) Claire Maisonneuve, Noémie Gibson et Véronique Ouellet en studio lors d'une table ronde sur le métier d'infirmière.   Photo : Radio-Canada / Marc-Olivier Thibault

Le métier d'infirmière/infirmier est au coeur de l'actualité depuis plusieurs années déjà. En Abitibi-Témiscamingue, le manque de main-d'oeuvre aurait mené à la fermeture temporaire du service d'obstétrique de l'hôpital de La Sarre. L'équipe de Des matins en or a décidé de s'intéresser à cette profession lors d'une table ronde.

Un texte de Marc-Olivier Thibault, d'après une entrevue de David Chabot

Claire Maisonneuve est enseignante en soins infirmiers au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue depuis 17 ans.

Noémie Gibson est une infirmière qui a quitté le réseau de la santé publique. Elle maintenant à l'emploi d'une maison de soin palliatif où elle pratique son métier « de façon différente ».

Véronique Ouellet est infirmière depuis 15 ans. Elle a démissionné du Centre de santé une première fois en 2012. Elle a poursuivi sa pratique en agence, elle a aussi enseigné au Cégep en plus de reprendre le travail dans le réseau de la santé.

Conditions de travail

Chaque quart de travail est différent dans le réseau public de la santé explique Noémie Gibson. Cette dernière a vécu toutes sortes de réalités différentes. Par exemple, à Pie XII quand j'étais de soir, j'avais environ 85 patients, dit-elle. À moi toute seule. Bien sûr, il y a les infirmières auxiliaires. Mais tout ce qui demande une évaluation, ça revient à nous. De soir et de nuit, ainsi que les fins de semaine. Alors ça peut rapidement mal aller.

Les futurs infirmières et infirmiers sont hautement accompagnés dans leur formation académique. Véronique Ouellet est très élogieuse de l'encadrement et de la qualité du stage qu'elle a reçu.La formation de soins infirmiers est excellente, ajoute-t-elle. Quand on sort de la technique, on est à 110 % de la profession. On est au top. On apprend à voir notre patient dans sa globalité : son bienêtre, sa famille, son emploi et, etc. Au-delà de : une pneumonie.

Une fois rendu sur le marché du travail la lourdeur, la rapidité, le manque d'effectif fait en sorte que je me dis "aujourd'hui je vais gérer la pneumonie". Si ça ne va pas bien dans sa vie... Aujourd'hui, je n'ai pas le temps. Et je n'aurais pas le temps pour le prochain patient non plus.

Véronique Ouellet

Temps supplémentaire obligatoire

L'horaire des infirmières/infirmiers est variable et il connut un mois d'avance par les travailleurs explique Véronique Ouellet. Il est créé selon le titre d'emploi, selon les postes, parfois de jour, de soir ou de nuit. On peut faire trois nuits, avoir un congé et faire deux jours. Tout est possible, raconte l'infirmière.

Une fin de semaine sur deux au minimum, les jours fériés n'existent pas alors c'est beaucoup de gestion pour la conciliation travail-famille.

Véronique Ouellet

Le temps supplémentaire obligatoire (TSO)... le nom le dit, il s'agit de temps de travail où l'employé est obligé de rester au travail, après son quart de travail initial.

Chaque semaine, on exige du TSO aux travailleurs selon Véronique Ouellet.

Pour Noémie Gibson, la peur du TSO est de ne pas savoir quand va se finir son quart de travail. Quand j'étais en maternité et que je faisais un soir ou une nuit, je voulais être là à 150%, dit-elle. Or, 16 heures c'est long en tabarnouche et on doit être à l'écoute de nos patients. Mais pour être à l'écoute des patients, il faut que tu sois toute là.

Je me sentais capricieuse de vouloir finir à l'heure que je devais finir.

Noémie Gibson

Le temps supplémentaire obligatoire existe depuis toujours précise Claire Maisonneuve qui pratique depuis plus de 30 ans.

En tant qu'enseignante en soins infirmiers, elle doit préparer les futures infirmières/infirmiers à cette réalité. Sans s'attarder aux TSO, elle apprend à ses étudiants à être vigilants sur son propre état de santé. Si un professionnel n'est pas en état de travailler, il doit retourner à la maison : pour lui et pour la santé des patients.

Les trois professionnels invités croient que des quarts de travail de 12 heures seraient une solution afin de réduire considérablement le temps supplémentaire obligatoire.

Pour réentendre la table ronde de Des matins en or, consultez l'audiofil.

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