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Frederic Tremblay
Audio fil du vendredi 18 octobre 2019

Les humeurs de Rosalie sur l’importance de l’éducation politique

Publié le

Montage de Rosalie devant un bulletin de vote.
Rosalie Dumais-Beaulieu consacre sa chronique hebdomadaire au scrutin du 21 octobre.   Photo : Radio-Canada

À quelques jours du vote, vous sentez-vous perdus dans la campagne électorale? Regardez-vous la parade défiler avec les yeux pleins de points d'interrogation? Peut-être que certains iront voter pour des idées, alors que d'autres n'auront pas les outils nécessaires pour creuser aussi loin. Certains gratteront seulement la surface, collant un X à côté d'un prénom ou d'un visage qu'ils trouvent sympathique. Plusieurs personnes en viennent à ne rien comprendre à la joute politique et préfèrent s'en tenir loin et regarder le résultat une fois le spectacle terminé.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Il y a souvent des termes qui semblent difficiles à saisir, que les médias balancent à gauche et à droite. Pendant ce temps, on se dit qu’il faudrait bien chercher un jour ce que ça veut dire « l’imposition de la taxe sur un programme quelconque du fonds de dotation accessible aux prestataires de je sais pas quoi ». Ça devient trop lourd pour qu’on s’en occupe. On remet ça à plus tard. Ou on s’informe sur quelque chose de facilement comestible, quelque chose qui va nous conforter dans ce qu’on pense déjà, peu importe si c’est la vérité ou non. À voir le torrent de mots déversés chaque jour pendant la campagne, c’est normal de sentir que la bobine des cassettes politiques s’emmêle. Quand on sait que chaque virgule, chaque intonation ou chaque exclamation sont minutieusement sélectionnées par toute une équipe, difficile de trouver le vrai du faux.

Ce que je trouve moins normal, c’est qu’on ne nous apprend jamais comment ça fonctionne vraiment. On ne nous incite jamais à avoir de vraies discussions politiques. On nous enseigne à tabouiser la politique, à la cacher au fond du tiroir. Il nous faut, comme seul confident, que le petit bout de papier le jour du vote.

Il faudrait peut-être faire entrer la politique à l’école le plus tôt possible. Des cours de politique au secondaire, question que la piqûre électorale ne les quitte plus et qu’ils deviennent des junkies qui se shootent à l’actualité. Sinon, bien souvent, les seuls qui auront de vrais cours de politique sont ceux qui iront en sciences humaines ou dans un programme plus spécifique tourné vers les communications. Peut-être certains universitaires. Ça commence à faire tard pour comprendre tous les rouages démocratiques, tous les personnages marquants, tous les enjeux qui n’attendent pas que l’on s’y intéresse avant de faire des ravages.

Un de mes professeurs utilisait le terme « urgence politique » pour sensibiliser sur ce manque d’intérêt de la population à propos de la politique. Il faudrait peut-être se rendre compte de cette urgence politique qui nous nuit à chaque élection, et dont on est tous un peu victimes. Avoir la politique comme camarade de classe nous aiderait sans doute à la trouver plus humaine.

Parce que la politique continue d’avancer, qu’on soit dans la parade ou non. Qu’elle soit seule dans son cortège, elle s’en fout, la politique avance et se dit qu’on la rattrapera bien si on décide d’embarquer un jour. La politique comble le vide qu’on lui laisse par d’autres choses, la politique s’arrange toute seule. Mais on a notre mot à dire sur elle, parce qu’on peut changer le sens de la parade si on comprend pourquoi on marche.

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