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Les humeurs de Rosalie sur l’insécurité linguistique

C'est jamais pareil

Avec Frédéric Tremblay

En semaine de 6 h à 9 h

Les humeurs de Rosalie sur l’insécurité linguistique

Audio fil du vendredi 11 octobre 2019
Rosalie devant une carte du Canada.

Rosalie Dumais-Beaulieu réfléchit à la place du français dans sa chronique hebdomadaire.

Photo : Radio-Canada

J'ai écouté le documentaire Denise au pays des Francos, dans lequel Denise Bombardier a rencontré les communautés francophones hors Québec. L'an dernier, elle avait affirmé à Tout le monde en parle, que ces communautés étaient quasi inexistantes.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Un an plus tard, des francophones l’ont invité à venir vérifier par elle-même l’état du français au Canada. Denise Bombardier a visité le Manitoba, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Je vous laisse regarder le documentaire et je vous laisse aussi regarder son entrevue à Tout le monde en parle sur le sujet pour vous faire votre propre idée. Mais ce que je retiens de tout ça, c’est que le mépris d’une langue, quelle qu’elle soit, n’a jamais sa place.

Quand je voyage en France et que je commande quelque chose au restaurant, et qu’on ne fait pas l’effort de comprendre ma langue, ça me fâche. Bien sûr je comprends que mon québécois est parfois mâché et qu’il déboule d’une traite dans son habillage coloré. Ce que je n’aime pas, c’est qu’on me dise que ma couleur n’est pas valable. Qu’on me dise que ce n’est pas du vrai français. Évidemment, ça ne m’arrive pas à chaque fois que je parle avec un français de France. Mais ça m’est arrivé d’avoir de la difficulté à tenir une conversation parce que je sentais qu’on ne regardait que les mots sortir de ma bouche en les jugeant, en les trouvant donc ben mignons, comme un amusement. Et peut-être que d’autres Québécois qui m’écoutent ont déjà ressenti la même chose.

Peut-être aussi que des Franco-manitobains, des Franco-ontariens, des Acadiens et bien d’autres communautés francophones canadiennes vivent ça au quotidien, de la part des Québécois, entre autres. Et c’est peut-être pour ça que certains sont gênés de commander au restaurant en français, même s’ils en sont capables. Peut-être que chaque fois que quelqu’un leur dit que cette tournure de phrase n’existe pas en français, ils se disent alors qu’ils feraient mieux de parler anglais. Peut-être qu’à force de se faire les détenteurs de la vérité francophone, on nourrit une bête qui court à notre perte. Non, la bête ce n’est pas nécessairement la salutation qu’on dit à l’entrée des magasins. L’insécurité linguistique, c’est le véritable ennemi à abattre. L’insécurité linguistique, c’est quand quelqu’un se moque de notre langue, qu’on l’invalide, qu’on essaie de la polir parce qu’elle détonne trop.

Le français est la plus belle des langues parce qu’elle permet qu’on s’amuse avec elle. Le français s’accorde mieux quand il oublie son plus-que-parfait. Quand il sort de son encyclopédie et qu’il assure sa survie en flirtant, oui, parfois avec l’anglais, mais en gardant sa couleur unique.

Non, le français n’est plus ce qu’il était, comme l’a dit Denise Bombardier. Et heureusement Denise! Heureusement qu’il se rajeunit, heureusement qu’il se multiplie! Il me semble que c’est exactement ça qu’on veut. Une langue jeune qui rayonne dans plusieurs communautés partout au Canada. Une langue qui a greffé toutes sortes d’expressions, toutes sortes d’accents qui la rendent unique. Une langue qui réserve des surprises à mesure qu’on traverse les provinces canadiennes. Au final, on parle tous la même langue et on devrait tous s’en féliciter plutôt que de décider qui parle mieux que qui.

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