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Frederic Tremblay
Audio fil du vendredi 13 septembre 2019

Les humeurs de Rosalie... parent un jour, parent toujours!

Publié le

Rosalie pensive devant une photo d'un parent tenant la main de sa fille.
Rosalie rend hommage aux parents dans sa chronique hebdomadaire.   Photo : Radio-Canada

Il m'est arrivé toutes sortes de péripéties dans les dernières semaines. Les péripéties des premières fois. Ma laveuse s'est brisée. Je n'ai jamais acheté d'électroménagers par moi-même. Je ne sais même pas combien ça vaut, une laveuse. Je ne sais même pas comment débrancher ça, une laveuse. Je n'ai jamais pratiqué mes talents de négociatrice avec les vendeurs. Je suis la cliente ignorante de qui on se moquera certainement dans tous les partys de bureau de vendeurs d'électroménagers.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

La semaine passée, ma voiture a été remorquée. Un bris mécanique. Je ne vous l’explique pas en détail parce que je ne sais même pas ce qui s’est passé. Mes yeux de petite biche égarée en disaient beaucoup quand le remorqueur m’a dit ça doit être ton ware. Alors j’ai laissé ma voiture partir chez le docteur, la première voiture que j’ai achetée avec mes sous, en sachant très bien qu’elle m’a offert sa dernière promenade à vie.

Pendant que je tentais de traverser mes péripéties dans le noir de l’ignorance, j’avais deux acolytes qui n’ont même pas attendu que je leur demande de l’aide pour rallumer la lumière et me prendre la main quand j’en avais besoin. Mes parents sont allés voir le garagiste avec moi et m’ont conseillé sur les bonnes laveuses. Mais dans ma vie, ils m’ont aussi transporté mille et une fois à droite et à gauche pour que je puisse assister à mes cours de natation, de théâtre, de violon, d’athlétisme, ou mes cours du soir en mathématiques.

Malgré toute mon indépendance, ma fierté, mes ailes toutes grandes déployées, malgré toute la confiance que je pense dégager du haut de mes 22 ans, je vous avoue, j’ai besoin de mes parents. Même si j’ai quitté le nid à 17 ans et j’ai l’impression d’avoir tout compris de la vie depuis ce temps-là, j’ai besoin de retrouver un peu le confort du nid de temps en temps. Quand j’ai vu mes parents faire plusieurs kilomètres juste pour venir aider leur grande fille, je me suis trouvée chanceuse. Je suis bien entourée et parfois j’oublie un peu de les remercier.

Ma chronique sert à dire merci aux parents qui préparent des petits plats pour leurs enfants qui repartiront dans leur appartement le dimanche soir. Merci d’être venus nous chercher à 3 h du matin et de nous avoir écouté déblatérer un peu éméchés. Merci de nous avoir enseigné à changer un pneu, à séparer les couleurs dans le lavage, de nous avoir écouté pleurer et renifler dans le téléphone après une journée difficile. Merci aux parents qui s’inquiètent toute la nuit pour leurs enfants, ceux qui ne disent pas un mot quand on perd encore nos bas dans la sécheuse, ceux qui ont passé des heures dans les estrades juste pour une partie de soccer, ceux qui nous ont obligés à porter notre tuque l’hiver. Merci de nous laisser être indépendants, mais de nous accueillir les bras ouverts quand on revient parfois en courant. J’ai beau vouloir être grande, vous savez très bien que je resterai toujours votre petite fille.

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