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Les humeurs de Rosalie sur l'aventure controversée de Greta Thunberg

C'est jamais pareil

Avec Frédéric Tremblay

En semaine de 6 h à 9 h

Les humeurs de Rosalie sur l'aventure controversée de Greta Thunberg

Audio fil du vendredi 6 septembre 2019
Greta Thunberg et Rosalie Dumais-Beaulieu

Greta Thunberg inspire Rosalie Dumais-Beaulieu avec son ambition de changer le monde.

Photo : Associated Press / Kirsty Wigglesworth

Greta Thunberg, jeune militante environnementaliste de 16 ans, a voyagé en bateau de l'Angleterre jusqu'à New York pour se rendre au sommet mondial de l'ONU. Elle est à l'origine d'un mouvement mondial de grève de l'école en faveur du climat. Elle a voyagé sur bateau zéro émission. Arrivée la semaine passée, elle a survécu à sa traversée de l'Atlantique. Le terme « survivre » est drôlement bien utilisé dans ce cas-ci. Les pluies de critiques ont été diluviennes et les méchancetés ont tonné. Son aventure a fait beaucoup plus de vagues qu'elle ne l'aurait souhaité. Tout ça parce qu'elle a l'ambition de changer le monde.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Quand j’étais jeune, je voulais changer le monde moi aussi et à mes yeux ça ne m’apparaissait pas si compliqué. Il fallait s’y mettre tous ensemble, il fallait incarner le changement qu’on voulait voir dans le monde. C’est Gandhi qui nous avait dit ça un jour. Et ça semblait possible. J’avais sincèrement le p’tit trémolo dans l’fin fond de l’estomac qui me hurlait que ça se pouvait. C’est le plus beau trémolo et j’aimerais l’entendre vibrer encore et encore.

Ç’a l’air qu’il y en a beaucoup qui ont passé par là. Les lunettes roses sont passées par beaucoup de paires d’yeux, locataires pour un temps. C’est normal, quand on est enfant, on rêve tout le temps. Le problème c’est que la réalité rosée tourne souvent au beige. Les p’tits fatigants qui veulent changer l’monde à tout rompre deviennent moins présents avec le temps. Le trémolo des possibles qui hurlait tantôt remonte par l’estomac, recraché par l’œsophage, et n’est pas près de retourner se lover au creux de nos pensées.

Les adultes disent de Greta qu’elle est une prophétesse, une convertie, une démone gourou apocalyptique, une illuminée, une ado de 16 ans de qui il faudrait avoir peur. La fatigante qui devrait retourner à l’école. Et c’est toujours la même chose. Les ados n’ont pas le droit d’avoir d’opinion, d’agir, de bousculer les choses… parce qu’ils ont 16 ans. Ils ne connaissent rien, ils n’ont pas à nous dicter comment vivre. À 16 ans, tais-toi et attends. Or, la crise climatique n’attend personne et ira surtout saboter l’existence de ceux qui ont 16 ans aujourd’hui.

On accorde rarement de la crédibilité à ceux qui sont jeunes. Greta est plus allumée que jamais, mais on l’enterre en la traitant de petite fatigante en culottes courtes.

Comme Greta, j’étais, je suis et je resterai une petite fatigante et je garderai mes culottes courtes parce que la cravate et le tailleur beiges m’ennuient profondément. À 16 ans, on est tout feu tout flamme. Puis, après, on s’éteint. On préfère regarder brûler.

N’éteignez pas Greta. On a besoin d’elle pour voir plus clair.

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