•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les humeurs de Rosalie sur la dérive des médias

C'est jamais pareil

Avec Frédéric Tremblay

En semaine de 6 h à 9 h

Les humeurs de Rosalie sur la dérive des médias

Audio fil du vendredi 30 août 2019
Rosalie devant une pile de journaux.

Rosalie Dumais-Beaulieu partage ses réflexions sur l'avenir des médias.

Photo : Radio-Canada

C'est une idée folle de vouloir être journaliste. C'est une idée qui frôle l'insouciance. Et pourtant, je savais que je voulais être journaliste déjà à 12 ans. Quand j'y repense, je me dis que j'avais du front, parce que je voulais être journaliste alors qu'on me répétait que je n'aurais jamais de job. Que je devrais m'habituer à un mode de vie instable et vagabond. Que le milieu serait difficile parce que j'allais devoir pousser les autres dans les mêlées de presse, que ça ne va pas vraiment avec mon tempérament calme et discret.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Peu importe, je voulais raconter des histoires. J’avais envie d’être au premier rang des évènements importants et de tout raconter à ceux qui n’ont pas pu voir derrière. J’avais envie d’être celle qui lève le voile sur des histoires cachées qu’il était temps de débusquer. Je ne me souciais pas du reste. On m’avait parlé de la carapace qu’il faudrait que je me bâtisse. Mais l’affaire, c’est qu’en 2019, ça ne suffit plus d’avoir une carapace. On ne m’a pas assez dit que la réalité est toujours moins rose que nos rêves d’enfant.

On ne m’a pas dit que ce n’était pas un métier d’avenir. Je dis ça parce que deux ans à peine après m’être lancée dans l’aventure du journalisme, les journaux des médias régionaux du Groupe Capitales Médias risquent de fermer si on n’intervient pas. Même si je ne suis pas directement concernée, même si ce n’est pas ma shop qui ferme, c’est ma meute de chiens de garde qui s’affaiblit. Sur les réseaux sociaux, dans les commentaires, j’ai pu voir qu’on se moque de ma meute en plus. On nous dit que c’est le temps qu’on se ferme la trappe, qu’on ne fait pas pitié, que tout ça, c’était prévisible.

On nous avait tous prévenus depuis des années que le papier n’était pas une solution d’avenir dans le domaine. Mais le virage est plus facile à dire qu’à prendre. Tout le monde sait qu’il faut prendre le virage. Mais le prendre tout seul, c’est difficile. Et comble du malheur, alors qu’on s’apprête à prendre le virage, certains nous traitent de menteurs. Ça devient de plus en plus difficile d’avancer.

Les salles de nouvelles se désintègrent, le contenu régional s’amincit et parfois on nous perçoit comme des chiens méchants. On ne m’avait pas dit tout ça. On ne m’avait pas dit non plus que j’allais vouloir continuer de pratiquer le métier quand même. En fait, personne n’a besoin de me le dire, c’est au fond de moi. Et je suis pas mal certaine que c’est le sentiment de plusieurs de mes collègues, télé, radio, écrit. Tous les chiens de garde le font pour protéger. On jappe, mais il n’y a personne pour nous entendre, ou du moins, à payer pour nous entendre. Nos histoires sont faites pour être entendues, pour être lues.

S’abonner et payer pour un contenu, c’est un réflexe qui s’oublie vite. Mais ma gang de jappeux pis moi on vous promet de la qualité, de la vérité, de l’essentiel, de l’émouvant, de l’aberrant, du choquant, mais du nécessaire, des découvertes, des enquêtes, des mots qui font voyager. On vous promet des yeux grands ouverts sur le monde, des yeux tout le tour de la tête pour faire le tour de la planète. Exactement comme ça a toujours fonctionné. Si ça vous tente d’embarquer, on vous attend dans le virage.

Les tribunes de Radio-Canada.ca font peau neuve

Les tribunes de Radio-Canada.ca sont actuellement fermées pour permettre de grandes rénovations destinées à rendre votre expérience encore plus agréable.

Quelques points à retenir:

  • Vos nom d'usager et mot de passe demeurent inchangés
  • Les commentaires publiés ces derniers mois seront transférés graduellement
  • La modération des commentaires se fera selon les mêmes règles.
Nous croyons que ce changement rendra votre expérience sur Radio-Canada.ca encore plus intéressante et interactive.

À plus tard!

L'équipe de Radio-Canada.ca