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Frederic Tremblay
Audio fil du vendredi 1 novembre 2019

Les humeurs de Rosalie et ses idées pour aider l’industrie musicale

Publié le

Une jeune femme songeuse devant un téléphone.
Rosalie Dumais-Beaulieu revient sur le discours de Pierre Lapointe au dernier gala l'ADISQ.   Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Pour une fois, ce qu'on retient du gala l'ADISQ de dimanche dernier, ce n'est pas le fait qu'il y en avait un en coton ouaté. Cette fois, il n'y a même pas un seul geste déplacé qui s'est invité. J'ai même l'impression qu'on a peu retenu le nom des gagnants de l'année. Celui qui a pris toute la place, c'est Pierre Lapointe.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Avant de présenter l’album pop de l’année, le chanteur a sorti de sa poche un discours poignant sur les géants comme Spotify ou Apple Music. Il a demandé aux élus de forcer ces grandes plateformes de diffusion à payer des impôts. Pierre Lapointe nous a lancé au visage un chiffre saisissant. Il a touché 500 $ pour 1 million d’écoutes de sa chanson Je déteste ma vie. Je ne sais pas si les élus présents au gala à ce moment-là se sentaient petits sur leur siège, mais moi, de l’autre bord de la télé, je me suis sentie visée.

Ça m’a rappelé que quand j’étais plus jeune, presque tout mon argent allait dans l’achat de CD. Pendant que, dans mon corps de jeune fille, il y avait des changements, c’est la musique qui me définissait. C’était elle qui comprenait exactement ce que je vivais, elle l’exprimait tellement mieux que moi et elle savait me le faire ressentir de partout. C’est par la musique que j’ai découvert la culture québécoise. L’humour par les Trois Accords, l’art de l’écriture par Richard Desjardins, la mélancolie par Patrick Watson, les tourments par Cœur de Pirate.

Aujourd’hui, la musique m’accompagne encore partout. Je suis abonnée à Spotify et j’avoue ne plus acheter d’albums physiques. Spotify m’a plongée dans la musique d’une autre façon. C’est l’instrumental qui m’accompagne pendant mes devoirs. C’est la techno qui me suit en courant. Ce sont même les chants des moines tibétains qui me bercent quand je n’arrive pas à m’endormir! Ma culture générale a poussé à une vitesse phénoménale, j’ai l’esprit plus ouvert, j’ai les oreilles grandes comme le monde. Je n’aurais jamais cru aimer le rap, mais depuis que j’ai mis mon nez dans une liste de lecture de rap québécois, je n’arrive plus à en décrocher.

Mais… j’ai arrêté d’encourager les créateurs de ces ambiances qui sont gravées dans mon ADN depuis toujours. On a tous pas mal arrêté de le faire. Notre rapport à la musique est presque rendu méprisant. Comme si c’était les artistes qui devaient nous féliciter de leur donner un peu d’attention et non pas à nous de les remercier de nous fournir des chefs-d’œuvre. Le discours de Pierre Lapointe m’en a fait prendre conscience.

Qu’est-ce qu’on doit faire? Difficile à dire. Acheter des disques, comme avant? Je ne suis pas certaine que revenir en arrière soit possible. Alors, est-ce qu’il faut en acheter de temps en temps? Bannir les plateformes de diffusion de nos vies? Payer pour des billets de spectacle? Est-ce qu’une taxe changerait vraiment quelque chose?

Je ne connais pas la solution. Mais Pierre Lapointe m’a fait prendre conscience qu’il y avait un problème. Il m’a fait prendre conscience de la force de la musique, de la place qu’elle prend dans ma vie. Et si on martèle tous en même temps cette même chanson, peut-être que ça résonnera assez fort pour que ça devienne le hit de l’heure, qu’on fasse durer l’enjeu au-delà du gala, pour peut-être que, finalement, nos créateurs puissent être reconnus à leur juste valeur.

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