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Éric Robitaille
Audio fil du mercredi 13 juin 2018

La détresse psycholgique chez les vétérinaires

Publié le

Hichem Rabie Anabi, gestionnaire du programme de Techniques de soins vétérinaires au Collège Boréal est venu nous rendre visite dans nos studios
Hichem Rabie Anabi, gestionnaire du programme de Techniques de soins vétérinaires au Collège Boréal   Photo : Radio-Canada / Louis Garon

Une étude récente a révélée que le suicide chez les médecins vétérinaires serait trois fois plus fréquent que dans la population générale.

Hichem Rabie Anabi est gestionnaire du programme de Techniques de soins vétérinaires au Collège Boréal. Il nous partage ses impressions.

Hichem Rabie Anabi précise que l’étude de l'UQAM a été faite au Québec. Mais pour lui, l'étude aurait pu avoir sensiblement les mêmes conclusions si elle avait été faite en Ontario, au Canada ou même dans d’autres pays.

Une détresse psychologique visible

On peut le voir et le sentir dans tout le personnel du milieu vétérinaire, dit-il. Tous les corps de métier sont impactés par cette détresse psychologique. On le voit dans certains comportements de vétérinaires : ils se renferment, ne parlent plus et ne sont plus ouverts à la discussion.

Cela peut tourner mal et tout dépend de l'environnement, précise-t-il.

Dans ce milieu de travail, on travaille beaucoup d’heures pas jour, dit Hichem Rabie Anabi. Mais même si on ne travaille que deux heures par jour, le personnel vétérinaire reste tout de même confronté aux comportements des animaux et des propriétaires.

Un vétérinaire tient un petit chien dans ses mains.
Il n’est pas rare que les vétérinaires travaillent 80 heures par semaine. Photo : iStock

Il doit faire face aux situations de la maladie et du deuil par exemple. Il doit souvent décider d’euthanasier l’animal pour abréger les souffrances, dans les cas d’une maladie incurable ou d’une maladie qui représente un danger de santé publique.

On nous prend pour de super héros. On doit être courageux, mais on souffre en silence, dit-il. Ce ce que l'on appelle la souffrance liée à la compassion, précise-t-il.

L’animal ne parle pas. Il ne s’exprime pas. Pour Hichem Rabie Anabie, c’est difficile de ne pas se poser des questions.

J’évite de penser à l'euthanasie. Mais au fond de moi, je pense : “est-ce que c’était bien?”.

Hichem Rabie Anabi, gestionnaire du programme de Techniques de soins vétérinaires, Collège Boréal

Parler des difficultés du métier dans les écoles

En Algérie, à l’Université de Constantine, où Hichem Rabie Anabie a fait ses études de vétérinaire, on n’en parlait pas.

Mais au Collège Boréal, on aborde directement le sujet dans plusieurs cours. On apprend aux étudiants à se comporter vis-à-vis des clients, mais aussi de soi-même.

Le chien est sur le côté avec une perfusion dans la patte avant droite.
Un chien se fait soigner par une équipe vétérinaire dans une clinique   Photo : Pixabay

Comprendre le personnel vétérinaire

Pour les propriétaires d’animaux, il est important de comprendre les personnes qui travaillent dans les cliniques vétérinaires, dit Hichem Rabie Anabie.

Le vétérinaire ne fait pas d’actes pour le plaisir ou pour l’argent. Quand une personne choisit le métier de vétérinaire, il le fait avant tout pour soigner et sauver des vies. « On soigne les animaux, mais aussi les propriétaires », précise Hichem Rabie Anabie.

Une aide psychologique attendue

Pour Hichem Rabie Anabie, il est important de s’organiser et de s’exprimer sur les détresses psychologiques du personnel vétérinaire.

Même si on s’aide entre collègues, il n’existe pas d’organisation professionnelle sur ce sujet, semble-t-il déplorer.

Si l'Association canadienne des médecins vétérinaires lance une initiative qui va dans ce sens, Hichem Rabie Anabie est prêt à faire partie du projet.

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