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Le modèle d'affaire de Facebook a des impacts sociaux et politiques

Ça parle au Nord

Avec Éric Robitaille

Cette émission n'est plus à l'antenne

Le modèle d'affaire de Facebook a des impacts sociaux et politiques

Audio fil du mercredi 11 avril 2018
Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant les sénateurs à Washington.

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant les sénateurs à Washington.

Photo : The Associated Press / Andrew Harnik

Lors des deux jours d'audience devant le Congrès américain les 10 et 11 avril, Mark Zuckerberg le président-directeur général de Facebook a répondu aux questions des sénateurs et des représentants. On y a retenu particulièrement que le modèle d'affaire de Facebook a des impacts sociaux et politiques.

André Mondoux est sociologue à l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal. Il nous parle ce que l’on a appris de ces deux jours particuliers.

Au-delà des stratégies de chacune des parties, on peut remarquer que les questions sont plus serrées et plus pointues le deuxième jour, nous dit André Mondoux.

Mark Zuckerberg joue sur les deux tableaux : nous ne sommes pas un réseau social, mais on est une plateforme. Mais pour André Mondoux, Facebook est un média et il doit se conformer aux règles. Il y a des choses que l’on peut faire et d’autres non.

Facebook monnaye les données et c’est le modèle d'affaires depuis le début. Alors que Zuckerberg dit que l’on y donne seulement accès, précise-t-il.

André Mondoux pense que « l’on est en train de crever l'abcès ».

Le partage des données est une des conséquences de nos façons de faire et de notre individualisme

Cet individualisme n’est pas causé uniquement par les médias sociaux, tient à préciser André Mondoux. Nous vivons aussi dans un nouveau contexte avec notamment l’oubli des grandes idéologies et de la morale.

Il ajoute qu'aujourd’hui tout est possible. Toutes les opinions sont bonnes. Pour le chercheur, c’est une porte ouverte aux dérives comme les fausses nouvelles par exemple.

Nous donnons volontairement nos données

Avec 30 points de psychométrie, on peut parfaitement connaître une personne. Facebook, avec ses catégorisations, a plus de 50 000 points de psychométrie!

Psychométrie : science de la mesure des caractéristiques psychologiques des individus. C’est une évaluation quantitative, objective et standardisée.

André Mondoux nous invite à aller sur le site de l’organisme Crypto Québec (Nouvelle fenêtre). C’est une équipe de bénévoles et spécialistes qui nous donne des trucs et astuces pour avoir un meilleur contrôle de nos données personnelles. Ils font un excellent travail ajoute-t-il.

La surveillance banalisée

On entend souvent dire : je n’ai rien à cacher.

André Mondoux, sociologue, à l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal

Cette expression veut dire « que je sais que je suis sous une forme de surveillance. » Cela peut paraître anodin. Mais pour André Mondoux, ce n’est pas de surveillance politique dont on parle ici, mais d'une surveillance banalisée, avec une économie des données (que l'on appelle aussi Big Data).

On essaye de tout recueillir et d’aller chercher toutes les données. Les chercheurs s'en inquiètent, car ses données peuvent être totalisantes.

Il donne un exemple facile à comprendre : imaginez que l’on croise les informations de la carte de fidélisation de la SAQ avec les données des bénéficiaires de l’aide sociale... Heureusement au Québec, nous avons des garde-fous. Mais il faut redoubler de vigilance.

Impact sur le vivre ensemble : le débat remplacé par le réel et le fait

Nous sommes en train de passer d’une société disciplinaire à une société de contrôle.

Nous sommes "politique et social" dès le départ et non pas après coup. C’est ce que l’on redécouvre aujourd’hui avec les effets pervers comme les fausses nouvelles, le hacking d’élections et la marchandisation des données personnelles.

André Mondoux, sociologue, à l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal

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