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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 16 décembre 2018

Migrations : la misère du monde, une conséquence de notre richesse

Publié le

Trois femmes et un homme chargés de sacs marchent sur la route.
Des migrants vénézuéliens marchent le long de la route qui va de Cucuta à Pamplona, dans le nord-est de la Colombie, à proximité de la frontière du Venezuela, le 15 septembre 2018.   Photo : Getty Images / AFP/Schneyder Mendoza

La majorité des populations qui se sentent forcées de migrer en Amérique subissent en fait la conséquence de l'histoire coloniale, explique Leila Celis, professeure de sociologie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). S'ouvrir à l'autre dans un processus d'hospitalité passe donc par la compréhension de l'histoire de l'humanité et des contrecoups du colonialisme dont on subit encore les effets, souvent sans s'en rendre compte.

« Ce ne sont pas les Français qui arrivent à Montréal qui sont mis en arrêt au centre de détention pour les immigrants », rappelle celle qui est également codirectrice du Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC) de l'UQAM. Donc, pour s’ouvrir à l’autre, il faut aussi mieux comprendre l’histoire de l’humanité.

Il faudrait penser cette migration forcée que l’on connaît actuellement sur un sens plus large où les conditions de marginalisation physiques et géographiques de certaines populations ont commencé avec le processus colonial.

Leila Celis, professeure de sociologie

« Ce bien-être qu’on a développé, soit dans les villes en Amérique latine comme Bogota ou dans les grandes villes du nord comme Montréal, c’est un bien-être qui a été construit sur le dos des populations qui ont été marginalisées », ajoute Leila Celis. Dans ses recherches, la spécialiste s’intéresse particulièrement aux déplacés en Colombie, au Brésil et en République dominicaine.

Il faudrait ainsi élargir notre compréhension des processus coloniaux qui ont créé autant de richesse, mais aussi autant de déplacés et de démunis.

Les procédés de l’hospitalité

Guidés d’abord par la survie, les déplacés doivent en premier lieu être accueillis dans un environnement sécuritaire, explique la professeure. Ensuite, l’écoute, voire le dialogue, est important.

Aussi, comme certains chercheurs européens le soulignent, l’hospitalité n’est pas quelque chose qui peut s’étendre pour toujours dans le temps. « Il faut qu’elle ait une fin, un moment où ça finit, mais cette fin de l’hospitalité, c’est le moment où la personne qui a été reçue – et à qui l’on a fait une place dans la société – parvient à construire et à s’intégrer dans la société à partir de ses propres valeurs. »

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