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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 9 décembre 2018

Décloisonner son propre individualisme

Publié le

Le comédien et dramaturge Jean-François Nadeau sourit devant un micro.
Jean-François Nadeau   Photo : Radio-Canada

En voulant créer une pièce de théâtre sur les vases clos dans nos communautés, Jean-François Nadeau a plutôt découvert ceux qui composaient son propre imaginaire. « À un moment donné, j'ai vu que c'est moi qui créais ça », explique-t-il à Serge Bouchard, dans cette conversation sur l'hospitalité.

Présenté jusqu’au 1er décembre dernier à Montréal, la pièce Nos ghettos, créée avec le musicien Stéphan Boucher, aborde entre autres l’individualisme des habitants de la ville autant que les rapports entre les différentes communautés qui la composent. Pour l’écriture de la pièce, durant trois ans, il a ainsi observé son propre quartier multiethnique de Montréal.

Je donnais une chance aux événements, et ils se pointaient.

Jean-François Nadeau, comédien et dramaturge

Les humains auraient ainsi cette capacité de vivre ensemble en ville sans se voir. Inspiré par le philosophe Guy Debord et la psychogéographie, il a ainsi tenté d'avoir une emprise sur le quotidien tout en le rendant poétique.

« J’avais envie de mettre le doigt sur cette énergie qu’on déploie à s’ignorer plutôt qu’à se rencontrer. [...] Le monde tel qu’on le voit n’est qu’une interprétation. Beaucoup de gens l’oublient; moi-même je l’ai oublié en observant ce microcosme-là. Je me suis mis [à tort] à faire un jugement et à vouloir faire un pamphlet de mes réflexions. »

La démarche qu'il a entreprise dans son quartier a plutôt changé complètement sa manière de voir celui-ci.

« J’ai vu à quel point avec mes propres enfants, mes propres amis, mes propres voisins semblables, je n’étais pas super chaleureux non plus. Donc, avant d’accuser les autres, il faut se connaître soi-même. »

L’organisation spatiale de la ville – autour des transports en voiture, entre autres – n’aide pas non plus à briser les cloisons.

« Ça fait des rapports beaucoup moins humains. Et dans ce tronçon commercial, rue Bélanger et 2e avenue, à Montréal, il manque ce qu’on appelle l’organe, le lieu de rencontre. Avant, il y avait une boulangerie où les gens se rendaient; maintenant, il n’y a plus ça. C’est [devenu] un dépanneur aux airs de local à débarras. Il faut se dépatouiller pour se rencontrer; c’est beaucoup plus difficile. »

Les représentations de la pièce Nos ghettos sont terminées, mais le texte a été édité par Atelier 10 et est maintenant offert en ligne et en librairie.

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