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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 17 juin 2018

Enseigner par les grandes œuvres classiques

Publié le

Un livre de Platon
Les grandes œuvres classiques ont-elles été jetées aux oubliettes trop rapidement?   Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

La Bible ainsi que des œuvres de Platon, d'Homère, d'Aristote, d'Alexis de Tocqueville, de Montaigne, de Flaubert, de Baudelaire et de Rousseau figurent parmi les lectures obligatoires du certificat sur les œuvres marquantes de la culture occidentale.

C’est en 2008, à l’Université Laval, que le philosophe Raphaël Arteau McNeil a créé ce nouveau certificat. Dix ans plus tard, il publie un essai sur le sujet et propose une liste de 70 œuvres à la base d’une bonne culture générale.

En mettant sur pied ce certificat, qui est contingenté, l’objectif était d’avoir 25 étudiants intéressés par année. « Après 10 ans, on peut dire : pari tenu », souligne-t-il.

Les cours sont donnés sous forme de séminaires, et le professeur est plus un guide qu’un enseignant. Ce sont les œuvres qui sont au cœur de la session.

Le texte est en lui-même un enseignement. Il y a quelques grands textes dans l’histoire qui fournissent cette grandeur, qui nous apportent des idées nouvelles. […] Le cours est lancé par les étudiants qui font un exposé. Le pari étant qu’en groupe, on va mieux voir la richesse de ces œuvres. On apprend aussi à admirer ces textes.

Raphaël Arteau McNeil

L’idée n’est pas de retourner en arrière, mais de mieux comprendre notre monde actuel à la lecture de ces textes. Il donne l’exemple de la lecture philosophique de la Bible, qui engendre de riches discussions entre les étudiants, dont la majorité ne l’a jamais lue. « On ne réalise pas à quel point on est une exception d’avoir une société qui se dit non croyante ou qui fait la distinction entre l’État et l’Église », explique Raphaël Arteau McNeil.

Des œuvres écrites par des hommes

L’une des critiques du philosophe est que la majorité des œuvres du cursus de ce certificat sont écrites par des hommes blancs européens.

Je n’ai pas de réponse parfaite. La première chose que je réponds : c’est vrai que le passé était rempli d’injustices. L’éducation était principalement réservée aux hommes blancs d’une classe sociale riche. Est-ce que se débarrasser du patriarcat veut dire qu’il faut aussi se débarrasser du meilleur des œuvres qui nous sont parvenues grâce à ce système? Newton et Darwin sont des hommes blancs. L’idée est que leur œuvre transcende leur genre.

Raphaël Arteau McNeil

Raphaël Arteau McNeil est l’auteur de La perte et l’héritage : essai sur l'éducation par les grandes œuvres, publié aux Éditions du Boréal. Il enseigne la philosophie au Cégep Garneau.

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