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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 1 avril 2018

Martine Delvaux : quand le féminisme est une langue maternelle

Publié le

Martine Delvaux répond aux questions de Serge Bouchard et de Jean-Philippe Pleau au studio 17 de Radio-Canada, à Montréal, en septembre 2016.
Martine Delvaux   Photo : Radio-Canada / Mathieu Arsenault

Être une mère féministe qui réussit à transmettre à son enfant le féminisme sans l'imposer : voilà la mission parfois épineuse que se donne l'auteure et professeure Martine Delvaux. En marge des réflexions de son livre Le monde est à toi, elle décortique à notre micro ce grand geste d'amour maternel.

Martine Delvaux, également auteure de l’essai Les filles en série : des Barbies aux Pussy Riot, est une voix féministe bien connue, qui croit aux vertus du discours engagé dans l’espace public. Mais cette posture militante ne saurait être la meilleure à adopter dans une relation mère-fille au quotidien.

« Le féminisme est aussi une affaire d’amour, et je tente d’enseigner le féminisme par des gestes amoureux. » Pour elle, il faut lutter contre le « fâcheux cliché associé au féminisme, celui de la féministe haineuse et notamment haineuse des hommes », parce que « toute quête de parité et d’égalité est avant tout une affaire d’amour ».

Des pièges à éviter
Traduire le monde qui nous entoure pour en transmettre les codes à son enfant et ouvrir pour lui un espace de réflexion critique n’est pas une mince tâche. Le risque de transmettre, imperceptiblement ou contre son gré, des catégories de pensée qui peuvent lui être dommageables est toujours présent.

« Il y a beaucoup de pièges dans lesquels on peut tomber, dit Martine Delvaux. Par exemple, j’essaie de ne pas emprisonner ma fille dans des stéréotypes de genre ou de présumer qu’elle aura une sexualité hétéronormative. Mais c’est difficile de défaire ces réflexes-là et de laisser la porte ouverte à ce qui survient sans coller des étiquettes. »

Les adolescentes et le mépris ordinaire
Quelques chapitres de l’essai Le monde est à toi érigent une réflexion sur l’adolescence, une période pendant laquelle les jeunes filles seraient victimes d’un certain mépris de la société.

« Je suis très émue par l’adolescence, souligne Martine Delvaux, mais je me rends compte que l’adolescente fait peur à notre société et qu’on l’observe avec un certain dédain. On la considère comme hypersexualisée jusqu’à des extrémités dérangeantes, ou alors on la juge négativement parce qu’elle n’est pas assez sexualisée, pas encore assez femme. Il y a, dans l’entre-deux sexuel de l’adolescence féminine, quelque chose qui dérange profondément. »

À lire :
Le monde est à toi, de Martine Delvaux, Éditions Héliotrope, 2017
Les filles en série : des Barbies aux Pussy Riot, de Martine Delvaux, Éditions du Remue-ménage, 2013

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