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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 18 février 2018

Maurice Richard n’était pas un héros : il était un mythe

Publié le

Maurice Richard montre une rondelle et son bâton de hockey en souriant, sur lequel est inscrit 600.
Maurice Richard en 1958, après avoir compté son 600e but en carrière   Photo : La Presse canadienne / AP/PC

Le célèbre joueur de hockey des années 1940 et 1950 a été qualifié de héros ou de légende dès le milieu de sa carrière. Il n'était ni l'un ni l'autre, selon le professeur de littérature Benoît Melançon, qui voit plutôt en lui un « mythe », c'est-à-dire une personnalité dont le lustre est durable et dont la personnalité suscite un puissant sentiment d'identification. Nous décortiquons ce mythe avec notre invité.

Un mythe, c’est quelqu’un que tout le monde connaît pour ses hauts faits d’armes. Sa renommée a une persistance dans le temps, contrairement à la légende et au héros, dont le souvenir se dissipe plus vite. C’est quelqu’un à qui l'on peut s'identifier profondément. Maurice Richard était petit, ordinaire, banal, et à force de persévérance, il a réussi des exploits. Voilà une narration dans laquelle se reconnaît beaucoup le Québécois moyen.

Benoît Melançon, professeur titulaire au Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal et directeur scientifique des Presses de l'UdeM

Un tel mythe ne peut plus se développer, à notre époque, dans le sport professionnel tel qu'on le connaît, pense Benoît Melançon. « On ne peut pas autant s’identifier aux athlètes d'aujourd'hui, dit-il. Ils sont surentraînés, trop musclés, ce sont des surhommes. Qui plus est, on connaît trop leur vie privée par l'entremise des médias et des réseaux sociaux. Une personnalité mythique comme Maurice Richard gardait toujours une certaine retenue devant son public. Finalement, ils gagnent trop d'argent. Cette fortune les éloigne de la population et crée une distance énorme. »

Benoît Melançon au studio 89 de Radio-Canada, à Montréal, le 16 février 2018
Le professeur de littérature et auteur Benoît Melançon Photo : Radio-Canada/Mathieu Arsenault

Le héros et la légende
Un héros, selon la typologie présentée par notre invité, agit toujours en fonction d'un idéal noble ou au nom d'un groupe. À la même époque que Maurice Richard, le joueur de baseball Jackie Robinson était un « vrai héros », car il se donnait la mission de « représenter sa race et de donner l’image de la réussite pour que celle-ci rejaillisse sur toute la communauté noire ». On lui avait confié la mission de représenter un groupe, une entité qui le dépasse largement. Il a pris cette mission très au sérieux.

Une légende est reconnue surtout pour avoir fait des choses absolument hors du commun. Louis Cyr, lorsqu'il a résisté à la traction de quatre chevaux de 1200 livres chacun attachés à ses bras, a atteint le statut de légende. Mais la légende a rarement une notoriété aussi durable que celle de l'homme fort de Saint-Cyprien-de-Napierville. Généralement, les exploits des hommes de légende sont rapidement oubliés.

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