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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 30 avril 2017

L’histoire des pères à l’accouchement : une présence souhaitée ou encombrante

Publié le

L'implication du père à l'accouchement et au cours des premiers mois est désormais une norme, explique l'historienne Andrée Rivard.
L'implication du père à l'accouchement et au cours des premiers mois est désormais une norme, explique l'historienne Andrée Rivard.   Photo : iStock

Pour l'historienne Andrée Rivard, le fait que l'accouchement se soit déplacé du domicile familial à l'hôpital au milieu du 20e siècle a profondément bouleversé les pères. Elle rappelle qu'auparavant, ceux-ci étaient très présents lors de la naissance de l'enfant, ce que la mémoire collective semble oublier.

À chaque couple son histoire d’accouchement
Le fait que les hommes soient au départ refusés au seuil de la porte de la salle d’accouchement à l’hôpital a marqué les esprits pour longtemps, d’après Andrée Rivard : « Le bouleversement du milieu du 20e a tellement frappé l’imaginaire qu’on a oublié cette histoire-là. On a tellement mis l’accent sur l’incompétence des pères durant l’accouchement... On disait qu’ils allaient s’évanouir. » Une image qui tient du cliché, même s’il est vrai que l’accouchement à l’hôpital, qui s’accompagne souvent d’outils, a pu faire défaillir ceux qui découvraient les appareils médicaux. « Les forceps, on a sans doute raison de penser qu’une personne qui n’est pas formée [pour assister à l’accouchement] puisse se sentir mal », explique Andrée Rivard.

Le Guide de la mère canadienne aura influencé les jeunes parents dans les années 50. Celui-ci encourageait les hommes à rester dans la salle d’attente durant l’effort de la mère, tout en demeurant prévenants et conciliants. Monsieur est alors vu comme un poids dans la salle d’accouchement.

L'ouvrage De la naissance des pères, d'Andrée Rivard, et Francine de Montigny
L'ouvrage De la naissance des pères, d'Andrée Rivard, et Francine de Montigny Photo : Radio-Canada/Jean-Philippe Pleau

Un siècle pour trouver sa place
Auparavant, les couples avaient plus de marge de manœuvre. Selon Andrée Rivard, la présence ou non des pères était liée à l’intimité, et dépendante des besoins de chacun. « Dans des accouchements plus difficiles, on demandait un peu d’aide », rappelle-t-elle.

Selon l’historienne, les transformations de la paternité et la demande pour une plus grande implication des pères ne sont pas forcément à mettre au crédit des mouvements féministes ni des années 70 en général. Comme elle le dit : « Tout au long du 20e siècle, on peut observer cette sensibilité des pères à l’égard de leurs enfants. » Les pères étaient alors présents sans trop le montrer : « Ils ne devaient pas en faire la manifestation. Les rôles étaient très campés. Le monde des enfants, c’était le monde des femmes. »

Désormais, la norme a évolué. « On [tient] pour acquis que les pères doivent jouer un rôle actif, alors que les pères peuvent vivre les choses autrement. Certaines femmes ne veulent pas avoir leur conjoint dans la salle : cela devient un sujet tabou dans le couple. »

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