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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 26 mai 2019

Nos téléphones intelligents nous font-ils perdre la mémoire?

Publié le

Un homme utilise une application de type GPS sur son téléphone intelligent.
Les fonctions de géolocalisation peuvent être utilisées intelligemment, selon la neuropsychologue Isabelle Rouleau.   Photo : Getty Images / AFP/Thomas Samson

Les téléphones intelligents ont changé notre quotidien : se souvenir de dizaines de numéros de téléphone n'est plus nécessaire, tout comme mémoriser à l'avance les étapes d'un trajet en voiture. Malgré tout, nos téléphones et autres appareils électroniques ne nous font pas perdre la mémoire, selon Isabelle Rouleau, neuropsychologue et professeure de psychologie à l'Université du Québec à Montréal.

« Pour moi, ce sont des outils; c’est uniquement ce qu’on en fait qui détermine leur "danger" », fait-elle remarquer à Jean-Philippe Pleau et à Serge Bouchard. Elle explique qu’il est possible de se servir d'applications de géolocalisation pour planifier son trajet et de les fermer après son départ.

Quelqu’un qui se laisserait complètement mener par son GPS est toutefois sujet à « en perdre des bouts », convient la neuropsychologue. Cela pourrait entraîner une sous-utilisation de l’hippocampe droit du cerveau, qui joue un rôle central dans la mémoire et dans la navigation spatiale. Elle croit cependant qu’apprendre par cœur les numéros de téléphone de tous ses contacts est tout simplement inutile.

Les téléphones intelligents n’empêchent pas la mémoire de fonctionner; ils permettent de la libérer de choses inutiles.

Isabelle Rouleau, neuropsychologue et professeure de psychologie à l’Université du Québec à Montréal

Oublier, une fonction essentielle du cerveau

Isabelle Rouleau rappelle que les mémoires sont multiples : il y a la mémoire épisodique et celle des faits vécus, mais aussi la mémoire sémantique, c'est-à-dire les connaissances que nous avons sur le monde. La mémoire procédurale permet des automatismes, comme faire du vélo ou tricoter. Quant à la mémoire à court terme, elle nous permet de retenir les fameux numéros de téléphone de nos contacts.

L’oubli peut lui aussi prendre plusieurs formes : l’oubli d’informations anciennes ou récentes, ou encore l’incapacité de former de nouveaux souvenirs. Mais la neuropsychologue souligne qu’il existe aussi des « maladies de l’oubli ». Dans les cas de stress post-traumatique, par exemple, l’oubli ne se fait pas.

L’oubli est fondamental pour notre vie. C’est ça qui nous permet de hiérarchiser, d’être ce qu’on est. On a oublié des choses et on en retient d’autres.

Isabelle Rouleau, neuropsychologue et professeure de psychologie à l’Université du Québec à Montréal



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