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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 14 avril 2019

Réinventer la virilité en rêvant les hommes (et les femmes) autrement

Publié le

Un homme maigre aux grosses lunettes pose devant un tableau où des bras musclés sont dessinés à la craie.
Les standards de virilité sont une construction sociale, selon Steve Gagnon, et il faut apprendre à les combattre pour retrouver notre liberté.   Photo : Getty Images / iStock / Nastco

« Tout ce qui est attribué à la virilité est construction sociale », rappelle l'essayiste et dramaturge Steve Gagnon. Il propose donc de rêver d'en assouplir les cadres « et d'en faire de nouvelles définitions plus saines ».

La plupart des gens acceptent le statu quo pour ne pas trop déranger leur confort, mais pas Steve Gagnon. « Je n’abandonne rien, alors je me dis que, quelque part, je dois être un rêveur. »

Son livre Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, publié à l’automne 2015, pose les jalons d’une réflexion sur l’homme et la virilité et tente de leur créer de nouvelles définitions, loin des clichés.

La définition officielle du mot "virilité", c’est ce qui appartient au domaine de l’homme.

Steve Gagnon, auteur, dramaturge et comédien

Pour ce livre, il a rencontré près d’une soixantaine d’étudiants du secondaire. Il s’est rendu compte que les jeunes hommes d'aujourd’hui sont prêts à accepter des choses chez les autres qu’ils ne seraient pas prêts à assumer eux-mêmes.

« Entre accepter la différence et assumer la différence, il y a quelque chose qui ne se passe pas souvent entre les deux », explique-t-il.

Les rêves des jeunes ne franchissent pas le test de la réalité sociale, selon lui. Ceux-ci en deviennent donc limités par une conception fausse de la virilité.

« Ces cadres et ces modèles qui sont tellement formatés et contraignants font en sorte que, tout d’un coup, une couleur plus qu’une autre, un intérêt plus qu’un autre, une caractéristique ou une sensibilité font que tu appartiens à ton monde, un monde d’homme, ou pas, explique-t-il. C’est complètement arriéré comme façon de penser, mais on continue quand même à nourrir ces stéréotypes-là. »

L'écrivain, le comédien et metteur en scène Steve Gagnon
L'écrivain, le comédien et metteur en scène Steve Gagnon Photo : Radio-Canada/Hamza Abouelouafaa

Steve Gagnon se rappelle une activité ouverte au public pour les familles près de Québec où il a vu un père s’empresser de retirer son garçon de trois ans du vélo mauve où venait tout juste de l'y installer sa mère. « Voyons, il est mauve, il est rose », aurait-il simplement dit. C’était le seul vélo disponible à la taille du bambin.

« Ce n’était pas le diable, mais ça montre à quel point ces stéréotypes et référents sont encrés en nous, raconte Steve Gagnon. Ce que le petit gars a reçu cette journée-là, et ce qu’il reçoit probablement tous les jours, c’est qu’il y a des choses qu’il doit faire et un paquet d’autres qu’il ne doit pas aimer, qu’il ne doit pas faire. »

Je rêve l’homme et la femme de la même façon. Je nous rêve beaucoup plus libres d’être ce qu’on veut. On est extrêmement libres et on l’assume si peu.

Steve Gagnon, essayiste et dramaturge

La pièce de théâtre Pour qu’il y ait un début à votre langue, écrit et mis en scène par Steve Gagnon, est à l’affiche jusqu'au 20 avril à la salle Fred Barry du Théâtre Denise-Pelletier à Montréal.

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