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Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 24 mars 2019

Lignes de fuite : décloisonner la réalité

Publié le

Trois femmes, un verre de vin rouge à la main, dans un appartement.
Les comédiennes Victoria Diamond, Léane Labrèche-Dor et Lamia Benhacine dans la pièce Lignes de fuite de Catherine Chabot.   Photo : Théâtre d'aujourd'hui / Valerie Remise

Trois amies du secondaire se voient forcées de se projeter dans l'avenir et de remettre en question leur vie rangée. Le flou et l'incertitude peuvent être nécessaires pour s'affranchir de barrières invisibles et s'ouvrir, rappelle la pièce Lignes de fuite, de Catherine Chabot, inspirée entre autres par les travaux des philosophes français Gilles Deleuze et Félix Guattari.

Entre vieux amis, on se « sclérose », explique Catherine Chabot. On est prisonniers de lieux communs du passé, selon elle.

« Ça nous empêche parfois d’évoluer, raconte la comédienne et dramaturge, ou en tout cas d’expérimenter de nouvelles affaires. »

Chaque personne dans un ancien groupe d’amis aurait ainsi une position prescrite par le groupe.

Les filles se réunissent ce soir-là; elles vivent dans le passé, se racontent des anecdotes, et là, il y a un des personnages qui se rend compte qu’elle est enceinte, ce qui fait qu’elles vont être confrontées à l’avenir. C’est là qu’elles devront faire un petit compte rendu.

Catherine Chabot, dramaturge et comédienne

Pour écrire la pièce, Catherine Chabot raconte avoir suivi une démarche consultative, à l’image de ses deux pièces précédentes. Elle a exploré de nombreux thèmes avec des gens de différents milieux, de l’avocate au bûcheron, pour en ressortir des réflexions actuelles sur la société et la culture québécoises.

Les lignes de fuite seraient ces désirs et ces pulsions qui nous mèneraient à déroger de notre quotidien et de l’ordre établi; ces moments où l’on expérimente « le dehors des contours biens assis et circonscrits de nos vies », avant de, règle générale, revenir à nos habitudes. Elles sont aussi, parfois, inévitables, puisque l’ordre naît du désordre.

Pour Deleuze et Guattari, ce serait un processus, donc ils parlent des devenirs. On emprunterait donc un chemin à l’intérieur de soi qui nous décloisonne, qui nous "déterritorialise", qui fait en sorte qu’on ne finit jamais au même point. C’est très poétique.

Catherine Chabot, comédienne et dramaturge

« Si, comme collectivité, on saisissait nos lignes de fuite, peut-être qu’on pourrait se réinventer; peut-être qu’on pourrait trouver des solutions qui pourraient nous sortir de ce marasme actuel », conclut Catherine Chabot.

La pièce Lignes de fuite est présentée au Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal, jusqu’au 6 avril.

Dans un décor réaliste représentant une maison au design soigné et confortable, la comédienne Léane Labrèche-Dor au premier plan, verre de main à la main, s'exprime de manière démonstrative.
Benoit Drouin-Germain, Léane Labrèche-Dor et Catherine Chabot dans la pièce Lignes de fuite au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui   Photo : Valérie Remise

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