Vous naviguez sur l'ancien site
Aller au menu principal Aller au contenu principal Aller au formulaire de recherche Aller au pied de page
Ici Radio-Canada Première

Contrôleur audio

Extension Flash Veuillez vous assurer que les modules d'extension (plug-ins) Flash sont autorisés sur votre navigateur.

Chargement en cours

Jean-Philippe Pleau et Serge Bouchard
Audio fil du dimanche 17 février 2019

La colère ouvrière dans la fiction syndicale Querelle de Roberval

Publié le

Des grévistes de Murdochville, lors de la grève de 1957
La grève de Murdochville, conflit marquant du monde syndical au Québec, a duré sept mois et demi.   Photo : Musée de la Gaspésie

Les ouvriers du roman de Kevin Lambert finissent par réaliser leur impuissance face à un système économique mondialisé qui dicte leurs conditions de travail. « Ça m'a intéressé [d'entendre] comment Madeleine Parent et Michel Chartrand exprimaient leur colère dans le contexte d'une grève, j'ai donc beaucoup écouté [leurs discours] », raconte l'écrivain.

La grève ouvrière fait partie intégrante de l’histoire du pays, croit Kevin Lambert. « [Cela] fait partie de notre mythologie », raconte-t-il à Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau.

Les grévistes se rendent compte que leur mal est presque existentiel. Il n’est pas juste lié à l’augmentation d’un salaire ou à l’obtention de tels avantages, il est lié à leur place dans le monde et à un système économique qui les dépasse largement.

Kevin Lambet, auteur du roman « Querelle de Roberval »

Le romancier désire s’inscrire dans une tradition du roman ouvrier, alors que la littérature contemporaine s’intéresse moins aux enjeux qui touchent le travail, selon lui.

La colère des grévistes cacherait une volonté de changement, comme c'est souvent le cas lorsque la colère est impliquée, celle-ci devient le moteur d'une volonté de changement.

« Ce qui est important pour moi, c’est que la colère ne soit pas domestiquée, qu’elle ne perde pas son caractère disruptif, explique-t-il. La colère doit garder sa force de faire éclater certaines choses pour pouvoir sortir des schémas, des structures, des modèles, qui sont nocifs. »

Au milieu de cette lutte syndicale, un jeune ouvrier originaire de Montréal, Querelle, utilise ses désirs homosexuels d’une manière presque politique dans un univers dominé par les clichés homophobes. L’auteur explore ainsi la relation difficile entre le désir politique et le désir sexuel.

La politique fonctionne par un ensemble d’engrenages de désir, selon Kevin Lambert. Il faudrait ainsi vouloir que les choses changent pour considérer avoir un point de vue politique.

Le roman Querelle de Roberval est publié aux Éditions Héliotrope.

Chargement en cours