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Quand les héros d'antan tombent de leur piédestal

Boulevard du Pacifique

Avec Jacques Dufresne

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Quand les héros d'antan tombent de leur piédestal

Rattrapage du mercredi 22 juillet 2020
La Statue de George Vancouver est nettoyée aprèès avoir été vandalisée avec de la peinture à l'extérieur de la Mairie de Vancouver, le 11 juin 2020.

La statue de George Vancouver a été vandalisée en juin 2020.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Autour d'une table ronde virtuelle, Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, et Patrice Groulx, historien et écrivain, débattent de la place des statues dans notre société.

Les mouvements de dénonciation du racisme systémique envers les personnes noires et autochtones dans le monde ont ravivé le débat sur la glorification de certaines figures historiques qui ont plus d'une ombre à leur tableau.

De nombreuses statues ont ainsi été vandalisées, recouvertes de peinture ou détruites, comme celle de George Vancouver.

Les statues commencent à apparaître au 19e siècle. Ce sont des personnages historiques que l’on glorifie pour donner un modèle à la société et montrer les origines de la nation, explique Patrice Groulx. Elles font partie du récit historique national, en partie créé par les historiens de l’époque, bien différents de ceux d’aujourd’hui.

Cette représentation n’a aucun équivalent dans les cultures autochtones, qui apportent en revanche une signification particulière aux emplacements de ces statues. Tous les territoires ont des lieux qui sont spéciaux aux nations qui les ont occupés, des lieux de rencontre pour les peuples nomades, précise Ghislain Picard. La mémoire ne se transmet pas de la même façon dans toutes les sociétés.

Il y a constamment une révision qui se fait des courants de l’histoire, mais la statue, son problème, c’est qu’elle ne bouge pas

Patrice Groulx, historien et écrivain
Gassy Jack statue freshly cleaned after being vandalized earlier that morning in Vancouver’s Gastown on Tuesday, June 16, 2020. (Maggie MacPherson/CBC)

La statue de Gassy Jack fraichement nettoyée après avoir été vandalisée avec de la peinture.

Photo : maggie macpherson/cbc / Maggie MacPherson

Patrice Groulx note que les statues aujourd’hui contestées ont été construites pour une raison bien précise, mais on remet en cause la pertinence du message qu’elles transmettent, ou le personnage lui-même. De l’oppression de certaines minorités survient alors, selon lui, un ras-le-bol qui est dirigé contre la symbolique de ces statues.

Ghislain Picard ajoute que le récit historique n’est pas favorable aux peuples autochtones. L’histoire, jusqu’à tout récemment, a toujours été vue de la lentille du conquérant, il a donc eu très peu d’occasions pour nos peuples de se signaler dans ce contexte-là.

On ne peut pas réécrire l’histoire, mais en même temps, l’histoire est en train de se réécrire elle-même aujourd’hui, avec des mises en contexte plus respectueuses de la contribution des peuples autochtones

Ghislain Picard

Alors, quelles sont les solutions? Pour Patrice Groulx, il y a probablement du cas par cas à faire pour réévaluer la place d’un monument, qui reste la mémoire d’une personne qui a joué un rôle important dans la communauté.

Ghislain Picard, quant à lui, souhaite impliquer les Premières Nations qui sont concernées. Tout ce que les Nations cherchent à retrouver, c’est un minimum de dignité et de respect, dit-il, allez frapper aux portes des nations qui ont occupé ces territoires et consultez-les. C’est cela aussi, pour lui, la réconciliation.

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