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Décriminaliser les drogues, un débat aux enjeux multiples

Boulevard du Pacifique

Avec Jacques Dufresne

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Décriminaliser les drogues, un débat aux enjeux multiples

Rattrapage du mercredi 15 juillet 2020
Une seringue, des pilules et de la poudre placés aléatoirement..

Le fentanyl est l'opioïde le plus meurtrier en Colombie-Britannique.

Photo : Shutterstock / Chirachai Phitayachamrat

L'Association canadienne des chefs de police (ACCP) a relancé le débat sur l'interdiction de l'usage des drogues en appelant, le 9 juillet 2020, à la décriminalisation de la possession simple de drogues illégales. Yvon Dandurand et Jean-Sébastien Fallu nous livrent leur opinion sur le sujet

La décriminalisation, c’est retirer les peines criminelles associées à un comportement, indique Jean-Sébastien Fallu, chercheur à l'Institut universitaire sur les dépendances de Montréal.

Ça demeure un comportement interdit, mais qui ne donne pas lieu à un dossier criminel ou des poursuites, ajoute-t-il.

Les usagers de drogues pourraient donc ainsi détenir et consommer de la drogue, pour leur usage personnel, sans être poursuivis en justice.

Yvon Dandurand, criminologue et professeur à l'Université de la Vallée du Fraser, est surpris de la volte-face des policiers à ce sujet, car, selon lui, le problème ne date pas d’hier.

Ça a pris beaucoup de temps aux policiers pour en arriver à cette conclusion-là. C’est quelque chose que l’on connaît depuis au moins 30 ans, et des idées auxquelles les policiers ont toujours résisté, dit-il.

Tant mieux si les chefs de police sont prêts à admettre leur défaite, mais on peut toujours être un peu suspect dans ces situations-là, on peut se demander pourquoi les policiers pensent qu’il leur appartient d’influencer les politiques sociales en matière de santé

Yvon Dandurand, criminologue et professeur à l'Université de la Vallée du Fraser.

L'utilisation du Code criminel pour régler des problèmes de santé, c’est inefficace et même absurde, estime pour sa part Jean-Sébastien Fallu.

Pour Yvon Dandurand, la police a fait ce constat depuis bien longtemps en n’appliquant pas la loi de façon rigoureuse quand il s’agit de possession simple de drogue.

Pour signaler un changement d’intention politique, il faudrait qu’un projet de loi soit accepté, il faut aller de l’avant, ajoute-t-il.

La décriminalisation des drogues est quelque chose qui va se faire, il faut juste savoir quand et comment

Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, directeur de la Revue Drogue santé et société et chercheur à l'Institut universitaire sur les dépendances

La décriminalisation des drogues ne serait qu’un début de réponse à la crise des surdoses que subit la province, évoque par ailleurs Yvon Dandurand.

Au niveau de la santé, il y a beaucoup à faire pour s’assurer que les services nécessaires et des mesures alternatives soient en place, dit-il.

Dans tous les cas, un accompagnement des usagers de drogues est nécessaire selon lui. Les pires politiques, c’est celles où il n’y a pas d’encadrement, juge-t-il.

À partir du moment où on accepte qu’il s'agit d’un problème de santé mentale, il n’y a aucune raison de faire intervenir la police

Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, directeur de la Revue Drogue santé et société, et chercheur à l'Institut universitaire sur les dépendances

Yvon Dandurand, criminologue et professeur à l'Université de la Vallée du Fraser, et Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, directeur de la Revue Drogue santé et société, et chercheur à l'Institut universitaire sur les dépendances, s'exprimaient lors d'une table ronde virtuelle animé par Jacques Dufresne.

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