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Stéphan Bureau
Audio fil du mardi 16 juillet 2019

El Chapo et l’influence insurmontable des narcotrafiquants

Publié le

Des masques à l'effigie du narcotrafiquant Joaquin Guzman Loera, alias El Chapo, accrochés au mur.
Des masques à l'effigie du narcotrafiquant Joaquin Guzman Loera, alias El Chapo   Photo : AFP/Getty Images / RONALDO SCHEMIDT

Dans un Mexique miné par la corruption, l'influence des cartels est renforcée par l'affection des fermiers pour ceux qu'ils considèrent comme des bienfaiteurs, par le libre-échange avec les États-Unis, par les opérations antidrogues américaines contre la Colombie ainsi que par la collaboration tacite du gouvernement. À l'approche d'un verdict dans le procès du narcotrafiquant Joaquín « El Chapo » Guzmán Loera, trois spécialistes expliquent à Stéphan Bureau pourquoi il est improbable que l'emprisonnement du numéro un du cartel de Sinaloa ralentisse le marché de la drogue.

Nos invités sont le chercheur en sciences politiques Guillermo Aureano, la journaliste Emmanuelle Steels et le professeur d’histoire Francis Langlois.

Voie terrestre idéale

« Le Mexique a toujours été terre de toutes sortes de trafics, mais il est devenu important sur la route de la cocaïne au moment où les Américains ont réussi, et ce, de façon très efficace, à interrompre la voie maritime des Caraïbes pour acheminer la drogue de la Colombie vers Miami, premier port d’entrée des États-Unis, souligne Guillermo Aureano. Ce qui était tout à fait prévisible est advenu, c’est-à-dire que la route de terre du Mexique est devenue la route principale vers les États-Unis. »

El Chapo à la rescousse

Par une anecdote, Emmanuelle Steels démontre comment les narcotrafiquants récoltent des appuis dans la population rurale : « En octobre 2018, il y avait eu une tempête tropicale près de Culiacán. Les habitants [touchés] avaient reçu de l’aide du gouvernement, mais ils avaient en fait reçu des matelas qui étaient dans un état déplorable, remplis de cafards. Puis, quelques jours plus tard, un camion est arrivé avec des matelas tout neufs, frappés du sigle ‟JGL”, les initiales de Joaquín Guzmán Loera. »

Les gens prononcent rarement son nom, en réalité, mais les gens là-bas, souvent, disaient : "El Señor" en parlant du Chapo. Le monsieur, le seigneur… Une forme de respect.

Emmanuelle Steels

Le mur inutile

Selon Francis Langlois, le plan du président américain Donald Trump de construire un mur à la frontière mexicaine pour contrer le trafic de drogue a tout de futile. « L’essentiel de la drogue passe par des points légaux, dit-il. [Ce sont] des camions et des conteneurs qui passent devant les douaniers. Oui, il y a des tunnels – beaucoup de tunnels ont été construits pour trafiquer de la drogue vers les États-Unis – [mais] ça passe beaucoup plus par des camions et même par des bateaux. »

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