•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les blessures persistantes des victimes masculines d’agressions sexuelles

Bien entendu

Avec Stéphan Bureau

Le samedi de 13 h à 14 h
(en rediffusion le samedi suivant à 5 h)

Les blessures persistantes des victimes masculines d’agressions sexuelles

Audio fil du jeudi 11 juillet 2019
Alain Faubert, Jean-Martin Deslauriers, Natacha Godbout et Daniel Lalonde au micro de Stéphan Bureau.

Alain Faubert, Jean-Martin Deslauriers, Natacha Godbout et Daniel Lalonde

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

En plus du sentiment de trahison et d'une confusion dans la découverte de leur sexualité, les victimes masculines d'agressions sexuelles se sentent également atteintes dans leur masculinité et dans leur identité sexuelle. En compagnie de Jean-Martin Deslauriers, animateur d'un groupe de thérapie, et de Natacha Godbout, psychologue, Daniel Lalonde et Alain Faubert, victimes d'abus sexuels, parlent à Stéphan Bureau de la difficulté d'obtenir de l'aide lorsqu'on est un homme, et ce, même après le mouvement #MoiAussi.

« Pendant de nombreuses années, c’est là, ça te hante, mais tu ne le réalises pas, dit Daniel Lalonde, médecin et ingénieur. Ça fait mal, mais tu ne sais pas c’est quoi, la cause du mal. Tu n’es pas amnésique, mais quand tu y penses, tu te dis : "C’est juste un mauvais souvenir, mais c’est derrière moi. C’est horrible d’y penser, n’y pensons pas." Puis, un jour, tu finis par comprendre que non, c’est très central dans ta souffrance. »

Ma mère m’a foutu une raclée. Elle m’a dit : "T’es une tapette, t’es une putain." Dans les mois, les années qui ont suivi, régulièrement, elle me foutait des raclées; elle voulait me faire avouer que je voyais [mon grand-père] en cachette. J’étais coupable

Daniel Lalonde. » – Daniel Lalonde

Intimité déséquilibrée

« Après que j’aie fait ma sortie comme homme gai, il y a toujours eu le questionnement : pourquoi ai-je de la difficulté à entrer en relation?, souligne Alain Faubert. Je ne faisais jamais le lien. C’est tout le rapport à l’intimité [qui cloche]. C’est comme si avant même d’avoir la possibilité d’être en relation, une peur était là. »

J’ai l’impression que j’ai les deux pieds dans le ciment. Je veux aller vers [quelqu’un], mais j’ai trop peur, donc je fige. C’est un petit peu comme ce que j’ai vécu dans l’auto de mon agresseur, où j’ai été pris là.

Alain Faubert

Ressources d’aide pour les hommes victimes d’abus sexuels

Laissés pour compte

« On est loin d’avoir acquis la notion que l’agression sexuelle est un crime, peu importe le sexe de la victime, peu importe l’âge de la victime, déplore Natacha Godbout. On n’est pas rendu là, et c’est un travail qu’on doit faire dans notre société. Après ça, il y a des [obstacles] réels, d’argent, des obstacles politiques. […] Ce n’est pas une façon d’aider les victimes de façon holistique. »

Attente et confusion

« Quand on est seul, on peut avoir l’impression que ça ne s’est peut-être même pas réellement passé, indique Jean-Martin Deslauriers. Certains hommes se posent la question. Règle générale, les hommes attendent très longtemps [pour parler et demander de l’aide]. Ils attendent en moyenne une quarantaine d’années. Et quand les hommes décident de demander de l’aide à ce sujet-là, ça presse. C’est là qu’il faut avoir des services adaptés pour répondre rapidement, parce que c’est facile, ensuite, de se dire : "Bon, ça va mieux, on continue." »

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi