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Stéphan Bureau
Audio fil du lundi 24 juin 2019

L’œuvre intimiste et la vie monastique d’Anne Hébert

Publié le

Anne Hébert en 1986
Anne Hébert en 1986   Photo : Harry Palmer

Fille de critique littéraire et descendante de la noblesse seigneuriale, la grande dame timide de la littérature québécoise a exprimé son amour de la nature du Bas-du-Fleuve dans des classiques comme Kamouraska et Les fous de Bassan, mais a aussi tâté du fantastique dans Héloïse. Samuel Archibald retient une prose d'une densité improbable et Manon Dumais, un romantisme gothique, tragique, évoquant les sœurs Brontë. L'auteur et la journaliste culturelle racontent à Stéphan Bureau les paradoxes d'une écrivaine très près du Québec traditionnel, mais qui a aussi choisi de s'exiler à Paris.

« Toute son enfance, c’est les étés à la campagne, à faire des lectures de façon très libre, parce que son père, Maurice Lang Hébert, est membre de la Société royale du Canada, explique Samuel Archibald. C’est vraiment quelqu’un qui très tôt s’intéresse à la littérature canadienne qui est en train de se développer. Elle lit ce qu’elle veut. Donc, ses étés, c’est vraiment la liberté, la lecture, la littérature, les jeux... Ses années scolaires, c’est quand même celles d’une éducation catholique bourgeoise, privilégiée, mais très, très rigoureuse, qui vont la marquer durablement aussi. »

La question de la violence et la question de la sexualité apparaissent à peu près toujours ensemble [dans son œuvre]. Chez Tolstoï, on disait que les gens heureux n’ont pas d’histoire. Chez Anne Hébert, c’est : les gens heureux n’ont aucune chance.

Samuel Archibald

Si près, si loin

« Peut-être qu’on a une vision encore plus romantique et romancée de sa vie parce qu’elle était très, très discrète, souligne Manon Dumais. Elle vivait à l’étranger, donc on la sent loin de nous, mais en même temps, tout près, parce qu’il y a quelque chose de très intime, de très intimiste dans son œuvre. C’est vrai qu’elle n’est pas très politique, mais quand je la lis, j’ai l’impression que c’était une femme en colère contre la société, contre la condition féminine, contre la chape de plomb de l’Église catholique. Elle revenait ponctuellement au Québec pour voir comment évoluait la société, mais elle se réfugiait à Paris. »

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