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Stéphan Bureau
Audio fil du mercredi 19 juin 2019

1969, l’année de tous les bouleversements

Publié le

Des jeunes manifestent. On peut lire sur quelques affiches : « McGill aux travailleurs ».
Des manifestants sont massés devant l'Université McGill, à Montréal, le 28 mars 1969. Ils réclament la francisation de cette institution.   Photo : La Presse canadienne / Peter Bregg

Manifestation du mouvement McGill français, bombe à la Bourse de Montréal, libération de la chanson et du cinéma québécois, répression des mouvements sociaux aux États-Unis... L'année 1969 a été celle de la « mue identitaire » du Québec et du choc des mentalités ailleurs dans le monde, estiment Jean-Philippe Warren, Donald Cuccioletta, Danielle Ouimet et Stéphane Venne. Au cinquantième anniversaire de cette année importante, le sociologue, le politologue, la comédienne et l'auteur-compositeur expliquent à Stéphan Bureau que l'on vit encore aujourd'hui au rythme de son héritage.

« Il y a urgence. Ce qui caractérise l’année 1969, c’est l’arrivée des baby-boomers », note Jean-Philippe Warren, au sujet du Québec de l’époque. « C’est une vague démographique incroyable. Plus de la moitié de la population a moins de 30 ans. C’est une société jeune, et une société jeune se comporte d’une manière très différente d’une société vieillissante. »

Donald Cuccioletta et Jean-Philippe Warren au micro de Stéphan Bureau.
Donald Cuccioletta et Jean-Philippe Warren Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

On a tellement été en retard sur l’Amérique pendant longtemps que c’est devenu un privilège. On a évité les pièges d’un progrès à tout crin, d’une vision trop instrumentale, trop opérationnelle de ce que devait être la société occidentale.

Jean-Philippe Warren

L’apogée d’un crescendo

Pour Donald Cuccioletta, tout cela a représenté l’aboutissement de la Révolution tranquille. « À un moment donné, ça a ouvert les portes, et la population est passée par là, souligne-t-il. C’est pour ça que les groupes populaires, les comités de citoyens et le mouvement syndical ont [connu un] renouveau. Ça a [évolué] durant les années 1960 et ça a abouti en 1969, quand la répression a commencé. On a dit : "On ne peut pas les laisser aller jusque-là, c’est dangereux." Le mouvement était progressiste, de gauche et nationaliste. Tout ça ensemble faisait peur. »

Stéphane Venne et Danielle Ouimet au micro de Stéphan Bureau.
Stéphane Venne et Danielle Ouimet Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Changement de garde à la radio

« C’est une affaire qui s’en va en même temps qu’une autre affaire s’en vient. Ça ne cohabite pas. Une affaire est en train de chasser l’autre », dit Stéphane Venne au sujet du climat musical particulier du moment, coloré par, d’un côté, la présence de chanteurs conservateurs comme Pierre Lalonde, et de l’autre, celle de jeunes rebelles comme Robert Charlebois.

Selon lui, en tentant de plagier le rock anglo-saxon, des artistes comme Charlebois et lui-même ont pondu un son bien québécois. Il décrit sa réaction lorsqu’il a entendu Ordinaire, dès la sortie de Charlebois du studio : « La première fois, j’ai pleuré. La deuxième fois, j’ai ri. »

C’était l’époque où l’on pouvait faire preuve d’audace sans avoir à dire qu’on était audacieux. C’était "Yes we can" 50 ans avant.

Stéphane Venne

Le film de toutes les controverses

En tournant dans Valérie, Danielle Ouimet avait simplement l’impression de s’affirmer, au même titre que les femmes de son époque. Elle ne s’attendait pas à ce que le film devienne le symbole d’une menace morale. « Au Québec, les hommes étaient très pour, raconte-t-elle. Les femmes ont commencé à me crier des noms. Aussitôt que je suis sortie du Québec et que je suis allée dans les autres provinces, là, c’était carrément l’émeute devant le théâtre où j’étais. C’était les pancartes "Faites attention à nos enfants". Le diable était là. Par contre, chose assez surprenante, quand je descendais de l’avion, on me donnait les clés de la ville, le maire était là, les majorettes étaient là… Chaque fois, j’étais subjuguée. »

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